L'opposition critique les nouvelles mesures de sécurité

Suite à l'attaque dans le Thalys, le gouvernement fédéral a décidé de renforcer les contrôles et la surveillance dans les principales gares du pays. Ce lundi matin, par exemple, sur le quai du Thalys à la gare de Bruxelles-Midi, des policiers bien visibles étaient présents.

Du côté des voyageurs, les réactions étaient partagées. "Je me sens un peu plus en sécurité" nous confiait cette dame qui s'apprêtait à monter dans son train. Plus loin, un voyageur s'étonnait de tout ce dispositif: "C'est quand même un peu étrange de voir autant de policiers autour de nous car nous sommes en Belgique et nous n'avons pas l'habitude".

Interrogée sur le renforcement des contrôles, la ministre MR de la Mobilité, Jacqueline Galant expliquait: "Les formes de terrorisme et les menaces évoluent. Il faut prendre des dispositions pour sauver ces libertés de circulation. Dans l'Accord de Schengen, il y a l'article 2 qui permet quand il y a une menace pour l'ordre public, pour la sécurité publique, de prendre des dispositions temporaires qui peuvent être prises notamment pour le contrôle des identités"

Des mesures illusoires?

Ecolo reconnait qu'il faut veiller à la sécurité de tous les citoyens. Mais son co-président, Patrick Dupriez parle de "mesures qui font illusion". Selon lui, "le gouvernement de Charles Michel joue un peu à faire de la musculation. Il veut donner une illusion d'action avec des mesures dont on peut vraiment douter de l'efficacité comme mettre des portiques dans les gares. Quelqu'un qui est fanatisé et qui veut commettre un attentat, il ira tout simplement ailleurs".  

Appliquer Schengen

Dès samedi, le Premier ministre Charles Michel a exprimé son souhait de revoir les règles Schengen en plaidant pour des contrôles aux frontières intérieures. Une idée que rejette le PS. Pour l'eurodéputé socialiste Hugues Bayet, "ce qu'il faut faire, c'est vraiment appliquer Schengen. La contrepartie de la liberté des biens et des personnes, c'était une meilleure coordination au niveau de la police et de la justice, c'est pour ça qu'on a créé des immenses bases de données Europol et Eurojust mais qui ne sont pas bien utilisées par les Etats membres. Ca fonctionne à un peu plus de 50% parce que beaucoup d'Etats membres ne donnent pas à temps ou correctement leurs informations".

Plus de moyens pour le renseignement

De son côté, le président des FDF Olivier Maingain souligne le manque de moyens dévolus aux services de sécurité et de renseignements. "Les gouvernements ces dernières années, en ce compris l'actuel gouvernement, ont coupé de manière linéaire et aveugle dans les dépenses pour les services de sécurité et de renseignements. L'OCAM a vu ses moyens budgétaires réduits. La Sûreté de l'Etat a vu ses moyens budgétaires réduits même si après ça, on a fait des petites corrections mais insuffisantes. Il faut recruter massivement des agents du renseignement car le vrai travail est en amont. C'est un travail de fond, c'est un travail de surveillance permanente de ces éléments radicaux. Il faut s'en donner les moyens humains et techniques". Olivier Maingain a demandé une réunion d'urgence de la commission de l'intérieur pour discuter de ces nouvelles mesures de sécurité.

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