Attentat de Nice: les limites de la réponse sécuritaire?

A part surveiller tout le monde, tout le temps et atteindre au droit à la vie privée de citoyens, il n’existe pas de solution sécuritaire pour empêcher ce type d’attentat.
A part surveiller tout le monde, tout le temps et atteindre au droit à la vie privée de citoyens, il n’existe pas de solution sécuritaire pour empêcher ce type d’attentat. - © XAVIER LEOTY - AFP

Faut-il renforcer encore les dispositifs de sécurité après la tuerie de Nice qui a coûté la vie à 84 personnes ? La réponse naturelle pourrait évidemment être "oui". En France, c'est déjà l'état d'urgence depuis le 13 novembre 2015 et les attentats de Paris. Alors comment aller encore plus loin ?

Pour certains, la réponse sécuritaire a atteint ses limites: "Le niveau de surveillance militaire et policière est déjà très élevé en France. Parfois il est impossible de filtrer toutes les personnes qui pourraient commettre ce type d’attentat", explique Vincent Seron, criminologue et membre du Centre d'étude sur le terrorisme à l'Université de Liège.

Comment détecter l’indétectable ?

A part surveiller tout le monde, tout le temps et atteindre au droit à la vie privée de citoyens, existe-t-il une autre solution sécuritaire pour empêcher ce type d’attentat ? "Ça ne suffit pas par rapport à ce type d’actions. D’ailleurs, l’homme de Nice n’était pas fiché au niveau des services de renseignement. Il avait des antécédents judiciaires mais avec des condamnations de droit commun donc à ce stade, on est face à quelqu’un qui n’a pas le profil d’un terroriste. Comment empêcher ce passage à l’acte avec des moyens très sommaires comme un camion?". Le tueur de Nice se serait radicalisé très rapidement selon le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, un cas extrêmement difficile à détecter.

Le renforcement des services de renseignement, des moyens policiers ne peuvent donc pas tout régler, tout anticiper selon le criminologue. Une partie des réponses se trouve ailleurs. En attendant l'enquête continue. Un homme et une femme ont été interpellés ce dimanche.

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