Attentat de Nice: ces intrigants SMS que le tueur aurait envoyés avant de passer à l'acte

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'auteur de la tuerie sur la promenade des Anglais à Nice, aurait envoyé plusieurs SMS avant de foncer dans la foule et les jours précédents, rapportent plusieus sources proches du dossier.

Peu avant l'attentat de Nice jeudi soir, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a envoyé un SMS "se félicitant de s'être procuré un pistolet 7.65 et évoquant la fourniture d'autres armes".

Le chauffeur-livreur tunisien de 31 ans se serait également "pris en photo au volant du camion entre le 11 et le 14 juillet" avant de l'envoyer par SMS. Plus de 200 enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sont mobilisés pour "identifier l'ensemble des destinataires" de ces messages, a expliqué une des sources.  Dans un autre message, il aurait écrit à un homme: "Amène plus d'armes, amènes en 5 à C."

Le destinataire du message, envoyé à 22h27, est actuellement en garde à vue.

Il avait repéré les lieux

L'auteur de l'attentat de Nice avait également repéré les lieux les 12 et 13 juillet avec le camion qui a servi à perpétrer le carnage du 14 juillet, a-t-on appris dimanche de source proche du dossier.

Parmi les centaines de témoins déjà entendus par les enquêteurs, plusieurs ont évoqué la religiosité du tueur, selon cette même source. .

Selon les premiers témoignages de voisins, l'assaillant, présenté par l'EI dans sa revendication comme "un soldat de l'Etat islamique", semblait avoir un profil de déséquilibré, multipliant les "crises" avec sa famille.

"Il semble qu'il se soit radicalisé très rapidement", avait déclaré samedi le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve après une réunion de crise du gouvernement.

En fonçant à bord d'un poids lourd sur la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice, le soir de la fête nationale, le tueur a écrasé 200 personnes et fait 84 morts, dont dix enfants et adolescents. 

Dimanche, les autorités ont procédé à deux nouvelles interpellations, un homme et une femme, selon une source judiciaire. Quatre hommes de l'entourage
de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel sont également toujours en garde en vue. Son ex-épouse a, elle, été libérée.


Quelle réponse ?

Huit mois après avoir décrété l'état d'urgence en France et adopté de nouvelles lois antiterroristes dans la foulée des attaques jihadistes du 13 novembre à Paris, le gouvernement socialiste a appelé samedi "tous les Français patriotes" à venir épauler les forces de sécurité.

Cet appel de Bernard Cazeneuve à rejoindre les réservistes de la police et la gendarmerie est la seule proposition nouvelle lancée par le pouvoir, acculé de toutes parts à réagir trois jours après le carnage.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé et candidat à la primaire de droite pour la présidentielle, a de nouveau tiré à boulets rouges sur le gouvernement en estimant dimanche que "nous pouvons faire plus et mieux même si, bien sûr, le risque zéro n'existera jamais". Il appelle ainsi à "passer à la vitesse supérieure" contre le terrorisme.

Même son de cloche chez le président du Sénat Gérard Larcher (droite) qui s'est dit favorable à la prolongation de l'état d'urgence après l'attentat de Nice, mais estime dimanche que "les Français attendent plus du président de la République et du gouvernement".

La chef du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, a elle appelé le ministre de l'Intérieur à démissionner au vu des "carences gravissimes" de l'Etat dans la protection des Français.

Remettre en cause nos valeurs serait le plus grand renoncement

Mais le Premier ministre Manuel Valls a mis en garde dans le Journal du dimanche contre toute surenchère: "Je vois bien, aussi, dans l'escalade des propositions, monter la tentation de remettre en cause l'État de droit". "Mais remettre en cause l'État de droit, remettre en cause nos valeurs serait le plus grand renoncement", fait-il valoir.

A coup de chiffres, les autorités cherchent à tout prix à rassurer l'opinion sur l'implication des forces de l'ordre : "100 000 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés pour assurer la sécurité de nos concitoyens", a affirmé Bernard Cazeneuve.

L'effectif de l'opération militaire Sentinelle, maintenu à 10 000 hommes contre 7000 prévus initialement après la fin de l'Euro-2016, restera à ce niveau "jusqu'à la fin de l'été", a de son côté annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian.

Le "ras-le-bol" des Français face à la vague d'attentats se lisait dans les messages déposés sur la Promenade des Anglais. "Assez de discours !", "Marre des carnages dans nos rues !", "Arrêtons le massacre !", pouvait-on notamment lire.

L'attentat de Nice est la troisième tuerie de masse en France, après ceux de janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et du 13 novembre (130 morts à Paris et à Saint-Denis).

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