La presse satirique en Hainaut, un an après l'attaque de Charlie Hebdo

"Même pas peur" est né quelques semaines après l'attaque de Charlie Hebdo, pour défendre la liberté d'expression
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"Même pas peur" est né quelques semaines après l'attaque de Charlie Hebdo, pour défendre la liberté d'expression - © Même pas peur

Un an après l'attentat qui a coûté la vie à une partie de sa rédaction, Charlie Hebdo sort ce mercredi un numéro spécial. Après cette attaque, de nombreuses voix se sont élevées pour défendre la liberté d'expression. De nouveaux journaux satiriques ont aussi vu le jour. C’est le cas du bimestriel carolo "Même pas peur", qui vient de sortir son 5e numéro. "Ce n’est pas une ode à la liberté d’expression, c’est un besoin de pouvoir garder cette liberté, ainsi qu’une liberté de vie, de déplacement, explique son éditeur, Etienne Vanden Dooren. C’est plus une idée de convivialité qu’une idée de sécurité, comme on nous montre actuellement". Le journal a trouvé son ton, ses signatures, connues ou en devenir. Il cherche encore à élargir son public: "On commence à se faire connaître petit à petit. On va d’ailleurs passer à une publication mensuelle à partir de février".

Pas plus d’interdits

A la une du dernier numéro, sorti de presse en décembre, les attentats de Paris et la hausse du niveau de la menace. "Même pas peur" tente de coller à l’actualité du moment, ce qui est moins le cas de son grand frère montois, "El Batia Mourt Soû", qui vient de fêter ses 20 ans. Plus intemporel, il tire – à sa manière – le bilan de Mons 2015. Mais il ose aussi aborder des sujets plus sensibles, comme la religion: "On critique toutes les religions, et surtout la religion catholique. Je ne me suis jamais interdit de le faire", insiste son fondateur, Serge Poliart. Une liberté de ton qui n’a pas changé depuis l’attaque de Charlie Hebdo. Même son de cloche chez "Même pas peur": "On se sent libre, on dessine ce qu’on veut, on écrit ce qu’on veut. On ne cherche pas absolument à choquer. Mais c’est important de souligner qu’on n’a jamais reçu aucune menace", rappelle Etienne Vanden Dooren.

Pas plus de numéros vendus

On aurait pu croire que le mouvement "Je suis Charlie", en faveur de la liberté d’expression, qui s’est créé au lendemain des attaques, allait faire décoller les ventes des journaux satiriques. Mais Serge Poliart ne l’a pas constaté: "Le seul changement qu’il y a eu, c’est que l’exposition que nous avions organisée à La Louvière à l’occasion des vingt ans du journal, une semaine après les événements, a eu un très grand succès. Nous avons eu énormément de visiteurs et notamment beaucoup d’écoles". Le tirage du journal reste quant à lui relativement confidentiel: entre 3 et 5000 exemplaires, sans rentrée publicitaire ni subside "C’est voulu. Ça me laisse une plus grande liberté éditoriale". Il y a encore quelques années, il était encarté dans le Charlie Hebdo, en tant que supplément belge.

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