Caricaturistes et dessinateurs de presse: la même liberté éditoriale

Caricaturistes et dessinateurs de presse: la même liberté éditoriale
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Caricaturistes et dessinateurs de presse: la même liberté éditoriale - © wikimedia

Un an après les attentats de janvier à Paris, comment se sentent les caricaturistes et les dessinateurs de presse en Belgique ? Osent-ils encore rire de tout ?

 

Rien n'a changé

Fred Dubus est caricaturiste. Il travaille pour les quotidiens La Dernière Heure et La Libre Belgique, ainsi que pour l'hebdomadaire Le Soir Mag.

Depuis les attentats contre Charlie Hebdo, il affirme n'avoir rien changé à sa manière de travailler : "Je fais les mêmes dessins que je faisais avant, de la même manière qu'avant. C'est le monde qui a changé, moi je n'ai pas changé ma manière de travailler. Les dessinateurs de Charlie Hebdo et moi, on fait de la musique, mais eux font du Hardcore Metal, moi je fais de la flûte. Donc c'est très différent".

Pour Fred Dubus on a toujours pu rire de tout, mais ce n'est pas cela qui est important. Ce qui compte c'est comment on rit de tout. "On dit que le rire est une arme, moi je pense que le rire est effectivement une arme mais je la considère comme une arme défensive, pas une arme offensive. Je pense qu'à Charlie Hebdo ils l'ont prise comme une arme offensive. C'est leur droit le plus absolu, je ne leur jette pas la pierre, ils n'ont pas besoin de ça... Moi je l'utilise pour me défendre, pas pour attaquer.

 

On n'est pas sorti d'affaire

Nicolas Vadot se définit comme dessinateur de presse et pas comme caricaturiste. Il dessine pour le magazine hebdomadaire Le Vif L'Express et pour le quotidien L'Echo.

Pour lui le dessinateur humoristique a l'humour comme but final, alors que pour le dessinateur de presse, l'humour est un moyen parmi d'autres de tendre un miroir de l'actualité au lecteur.

Par rapport à sa production, il affirme qu'"il n'y a pas de sujet sur lequel je me dis aujourd'hui ça, je ne peux plus dessiner dessus. Notamment par rapport au terrorisme, au radicalisme, à l'islamisme... Je fais des dessins dessus comme j'en faisais avant, c'est pas du tout la majorité des dessins, je fais ce qui passe dans l'actu. En revanche, là où la liberté éditoriale a peut-être été restreinte, c'est qu'évidemment le premier qui va redessiner Mahomet il est mort. Et ça, malheureusement, on en est encore là et on n'est pas encore sorti d'affaire".

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