Attentats "Charlie Hebdo": des armes ont transité par Charleroi et Lille

Un arme de type kalashnikov
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Un arme de type kalashnikov - © Tous droits réservés

Au départ c'est l'une des armes trouvées à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, un fusil d’assaut de type "kalashnikov", qui lance les enquêteurs français sur une piste. Le fabricant slovaque de l'arme, la firme AFG leur livre la liste des acheteurs. L'arme a été vendue à un habitant de Marcinelle, un Belge âgé de 52 ans.

Cette personne a acquis près de deux cents armes entre 2013 et 2014, des armes en principe neutralisées. Mais la plupart de ces armes n'ont fait que transiter par Marcinelle, elles ont été ensuite revendues sur un marché parallèle. Certaines "remilitarisées" pour fonctionner à nouveau.

Le preneur d'otages de l'Hyper Cacher, Amedy Coulibaly a effectué plusieurs déplacements à Charleroi dans les semaines et les jours qui ont précédé les attentats. Pour y vendre une voiture mais peut-être aussi pour se procurer des armes. Un habitant de Charleroi qui a rencontré Coulibaly à plusieurs reprises est toujours soupçonné par la justice d'avoir pu servir d'intermédiaire dans cette vente et a été inculpé de trafic d'armes.

Entendu par les enquêteurs, le marchand d'armes de Marcinelle n'est jusqu'à présent pas inculpé. Mais l'un de ses principaux clients, basé lui, à Lille se retrouve par contre en prison pour trafic d'armes. Des armes importées par sa société auraient aussi pris la direction de Paris chez Coulibaly. L'affaire est délicate car le client  fait valoir son statut d'informateur de la gendarmerie française. Des mails échangés avec des gendarmes confirment les contacts, notamment concernant une piste qui concerne Charleroi.

Pour y voir clair les avocats du Lillois ont demandé à disposer des rapports des contacts entre leur client et les gendarmes français. Mais on leur oppose aujourd'hui le secret défense. Les gendarmes français ont-ils négligé certaines pistes au point de permettre à des filières djihadistes de s'équiper en armes. Sans la levée du secret défense dans ce dossier il sera difficile de connaître la réponse.

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