Attentats de Barcelone et Cambrils: le parcours de l'imam de Ripoll

Abdelbaki Es Satty a visiblement joué un rôle clef dans les attentats qui ont touché Barcelone et Cambrils. Les assaillants se seraient radicalisés à ses côtés. L'homme, d'origine marocaine, vivait à Ripoll depuis deux ans. Pendant cette période, il a voyagé plusieurs fois vers la Belgique et séjourné dans les environs de Vilvorde.

Son nom apparaît pour la première fois à la suite d’une perquisition menée dans le cadre des attentats de Madrid en 2004. Lors d’une opération de police dénommée 'Chacal' (Jakhals, en espagnol), des photocopies de documents appartenant à Abdelbaki Es Satty ont été retrouvés dans l'habitation d'un des principaux suspects, Mohamed Mrabet Fhasi. Cet homme a été condamné par le haut tribunal espagnol Audiencia Nacional pour le recrutement de terroristes. Ce jugement a cependant été annulé en appel.

En 2010, il est inculpé dans un trafic de drogue. Il est arrêté en possession de douze kilos de haschich entre Ceuta et Algesiras dans le sud de L’Espagne. Il passe quelques années en prison.

Ses liens avec la Belgique

Après ces années tourmentées, il s’installe à Ripoll en Catalogne, où il devient l’imam de la mosquée. En 2016, il voyage à plusieurs reprises vers la Belgique. Hans Bonte (sp.a), le bourgmestre de Vilvorde, confirme l’information: "Nous savons avec certitude qu'il a séjourné entre janvier et mars 2016 dans les environs de Diegem, Vilvoorde et Bruxelles. Notre police locale a fait des recherches intensives sur ses antécédents, il en est ressorti que, tant au fédéral, aux services de renseignement belge et espagnole qu'il n'existait pas des informations préoccupantes à son sujet".

Pendant ces visites, il entre en contact avec la mosquée Youssef de Diegem. Il postule pour devenir l’imam. Selon Mimoun Aquichouh, l’imam de la mosquée de Vilvorde, l’homme aurait inspiré de la méfiance: "C’est quelqu’un qui vient d’Espagne, l’imam de Diegem a senti quelque chose. Il lui a demandé son certificat de bonne vie et mœurs, qui ne venait pas alors, il a refusé".

Finalement, c’est dans les décombres de la maison d’Alcanar que son parcours s’achève. Les enquêteurs possèdent des indices solides qui confirment le décès d’Abdelbaki Es Satty.

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