Héros ordinaires: un agent de sécurité a refoulé Bilal Hadfi au Stade de France

Un agent de sécurité avait refoulé Bilal Hadfi à l'entrée du Stade de France
Un agent de sécurité avait refoulé Bilal Hadfi à l'entrée du Stade de France - © MIGUEL MEDINA - AFP

Salim Toorabally est agent de sécurité depuis dix ans. Le 13 novembre dernier, jour des attentats de Paris, il effectue pour la première fois une mission au Stade de France, raconte BFM TV qui l'a rencontré. Et Salim va devenir un héros malgré lui en évitant un massacre.

À son poste peu avant l'ouverture des portes à 19 heures, Salim raconte que "tout allait bien, les spectateurs étaient contents". Jusqu'à un petit incident aux alentours de 20h15 : un homme sans billet tente de passer les tourniquets en suivant de près un supporter. L'agent de sécurité lui bloque alors le passage.

"Il m'a dit qu'un ami allait lui apporter un billet, mais il voulait rentrer. J’ai dit non. Après, il est resté cinq à dix minutes devant moi. À un moment donné il était au téléphone, il regardait beaucoup la foule et il observait à l’intérieur au niveau de mon collègue qui faisait la palpation", raconte Salim Toorabally qui pensait avoir à faire à un vulgaire fraudeur.

"C'est peut-être vous qui avez sauvé la France"

L'agent de sécurité a bien eu le temps de l'observer et, "trois jours plus tard, la police judiciaire de Bobigny le contacte pour l'interroger sur la soirée". Il évoquera ce "petit incident" et un policier lui montrera plusieurs clichés.

"Il m’a montré une photo qui a été prise après l’attentat, la police scientifique tenait sa tête et là ça correspondait bien à l’individu que j'avais vu, se souvient-il. Et puis la police m'a dit : 'C'est peut-être vous qui avez sauvé la France'."

L'homme en question n'était autre que Bilal Hadfi, l'un des trois kamikazes du Stade de France.

Le sauveur de Beyrouth

Cette histoire n'est pas sans rappeler celle, certes bien plus dramatique, d'Adel Termos.

La veille, le 12 novembre, Beyrouth était frappé par un double attentat suicide faisant 44 morts et 239 blessés. Et le bilan aurait pu être bien plus lourd. Cette attaque a été revendiquée par l'État islamique faisant référence à trois kamikazes. Le troisième n'a en fait pas pu atteindre son objectif, il a été intercepté par ce jeune Libanais de 32 ans.

L'assaillant s'approchait d'une mosquée où des fidèles s'étaient réunis pour la prière du soir, il a ouvert sa veste et hurlé "Allah Akbar !" (Dieu est le plus grand). Adel Termos s'est alors "précipité vers lui et l'a enlacé, soucieux de lui couper l'accès à la mosquée", raconte un riverain cité par L'Obs.

Son intervention a poussé l'assaillant à activer sa ceinture explosive en pleine rue. Adel Termos y a perdu la vie, mais il en a sauvé une douzaine, écrivait The Guardian quelques jours après l'attentat. Un autre massacre évité, héroïquement.

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