Brahim Abdeslam: "La permission des parents pour faire le Jihad"

Brahim Abdeslam
Brahim Abdeslam - © AFP

Brahim Abdeslam, c'est le grand frère, 31 ans. Nationalité française, installé avec le reste de la famille à Molenbeek-Saint-Jean, décédé le 13 novembre 2015 à Paris lorsqu'il actionne sa ceinture explosive boulevard Voltaire. Les procès à venir devront confirmer qui de Salah ou Brahim fut le premier à se radicaliser et à entrainer l'autre dans son sillage.

Quelques mois avant sa participation aux attentats de Paris, Brahim Abdeslam est interpellé et entendu par la police, à deux reprises. Au cours de l'une de ses interpellations, les policiers trouveront sur lui un petit document intitulé: "La permission des parents pour faire le Jihad". Ce document au titre évocateur aurait-il dû mettre la puce à l'oreille des policiers ? C'est l'une des questions soulevées par le rapport du comité P, la police des polices.

Pour les djihadistes les parents sont des apostats, des mécréants

La question de l'obéissance aux parents est un point central de la religion musulmane. En théorie un musulman devrait donc avoir l'autorisation parentale pour se lancer dans ce genre d'entreprise. Mais pour Abdessamad Belhaj, islamologue à l'Université Catholique de Louvain la situation est plus compliquée : "Abandonner ses parents, leur désobéir provoque un sentiment de culpabilité pour le jeune, qui cherche une solution dans la littérature. Mais pour les djihadistes les parents sont des apostats, des mécréants parce qu'ils n'appliquent pas l'Islam à la lettre". Tout est donc fait pour amener le candidat djihadiste à se couper de ses parents. 

Si Brahim Abdeslam lit ce genre de littérature en 2015 c'est que la question du Jihad le préoccupe, serait-on donc tenté de penser à première vue. Cela aurait donc du être un indice supplémentaire qu'il fallait le placer sous étroite surveillance. Pour les policiers qui ont analysé le document cette analyse est un peu courte. Le livret en question incitait plutôt le lecteur à respecter ses parents lorsqu’ils s’opposent au Jihad... et donc à ne pas partir. Quelques mois plus tard Brahim Abdeslam rejoindra pourtant le groupe terroriste État Islamique qui commettra les attentats de Paris.

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