Vie et cavale de Salah Abdeslam, de Molenbeek à Molenbeek

Qui est donc, et que sait-on du fugitif le plus recherché de Belgique, et d’Europe ? Une traque qui a débutée le 15 novembre dernier, soit deux jours après les attentats de Paris. Tout le monde connaissait son visage et malgré tout, l’homme restait introuvable. Que savait-on vraiment de ce jeune homme, né le 15 septembre 1989, à Bruxelles, de nationalité française qui a habité principalement la commune bruxelloise de Molenbeek. Sa dernière adresse connue était Place communale à Molenbeek.

Début 2011, Salah Abdeslam est licencié de son poste de technicien à la STIB (société des transports en commun bruxellois) "pour absence prolongée sans justification".

Et pour cause, quelques mois auparavant, en 2010, il a été incarcéré pour une affaire de braquage dans laquelle est également cité Abdelhamid Abaaoud, également originaire de Molenbeek. Les proches les décrivent d'ailleurs comme "deux fêtards", "faisant les 400 coups".

En janvier 2015, son frère, Brahim Abdeslam tente de rejoindre la Syrie mais est intercepté à la frontière turque. A son retour, il est interrogé par la police belge, avec son cadet Salah. Bien que déjà radicalisés, les deux frères endossent alors leurs vieux costumes de petits voyous et sont relâchés sans être inquiétés.

La petite amie de Salah Abdeslam le voit pour la dernière fois, le mardi 10 novembre 2015, en soirée. Ils mangent ensemble au snack de poisson "Noumidia Resto" à la place Bockstael (Laeken). Durant cette soirée, Salah aurait beaucoup pleuré selon elle. Elle s’est demandé s’il n’avait pas décidé de partir en Syrie. Il lui en avait déjà parlé une fois, en décembre 2014, et n’en avait plus reparlé toujours selon ses dires.

Salah Abdeslam était sur liste de l’OCAM depuis mars 2015, dans la catégorie "candidat au départ en Syrie". Il n’est pas jugé dangereux à cette époque.

Avant les attentats, lui et son frère Brahim ont dit à leurs parents qu’ils partaient faire du ski…

Chronologie des attentats de Paris

1. Les préparatifs

2. Le 13 novembre, jour des attentats

Il est à Paris et participe aux attentats, même son rôle reste imprécis, est-il le 10ème assaillant ou un simple "logisticien".

IL abandonne la clio dans le 18ème arrondissement. Selon le message de revendication de l’Etat Islamique, une attaque devait être commise dans cet arrondissement, et ça n’a pas été le cas.

Au Sud de Paris, à Montrouge, une ceinture d’explosifs sera retrouvée dans une poubelle. Salah Abdeslam devait-il la porter et commettre une attaque suicide ? En tout cas, ses empreintes ne figurent pas sur la ceinture.

Il est 22h30 quand il contacte des amis en Belgique. Il dit avoir eu un accident, et demande qu’on vienne le chercher. Mohamed Amri et Hamza Attou s’en chargeront. Ils arrivent dans la capitale française à 5h00 du matin, embarquent Salah Abdeslam. Ils arriveront à Bruxelles en fin de matinée, après avoir été contrôlé à Cambrai à 9h10.

3. Le retour en Belgique

Les 3 hommes se rendent à Laeken. Alors que Mohamed Amri reste dans la voiture, Hamza Attou et Salah Abdeslam se rendent au marché de la place Emile Bockstael. Salah y achète des vêtements: pantalon, pull foncé, bonnet noir. Il se change dans la camionnette d’un marchand et jette ses vêtements dans une poubelle de la rue Marie Christine.

Dans cette même rue, Salah s’achète un nouveau téléphone, et une carte prépayée. Il va ensuite chez le coiffeur. Il se fait raser les cheveux, et raser un trait sur le sourcil. 

Mohamed Amri rentre chez lui en métro. Salah demande à Hamza Attou de contacter Ali Oulkadi. Ce dernier, les rejoints à Laeken. Ils vont prendre un café.

Hamza Attou rentre à Molenbeek. Salah monte dans la Golf de Ali Oulkadi, qui le conduit à Schaerbeek. Il le dépose à proximité de la place Lehon. Salah part à pied et disparaît dans la nature.

Le 16 novembre, un important assaut est mené au 47 rue Delaunoy à Molenbeek. La police pense y trouver Salah, mais ce ne sera pas le cas. A l’époque, une hypothèse est envisagée : Salah Abdeslam a-t-il été exfiltré par des complices dans un déménagement, avant l’assaut de la police ? Une hypothèse non confirmée.

On retrouve par contre ses empreintes à la rue Henri Bergé, 86 à Schaerbeek. C’est là que les explosifs ont été fabriqués. S’est-il caché là-bas ? Certains médias avançaient qu’il y serait resté 3 semaines. Mais aucune confirmation une fois encore.

Mardi, on retrouve sa trace lors de l'opération policière de Forest. Mohamed Belkaïd, l'Algérien est tué lors de l'opération. Cette information a été confirmée par le parquet fédéral. Il utilisait le faux nom de Samir Bouzid

Ce vendredi après-midi, quatre perquisitions ont lieu sur le territoire de la Région bruxelloise, rue des Quatre vents à Molenbeek. Salah Abdeslam, blessé à la jambe a donc été arrêté mettant ainsi fin sa cavale de plusieurs mois.

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