Abdeslam a de nouveau exercé son droit au silence: "Il n'a pas à le justifier"

Il a été extrait de sa cellule au petit matin pour être transféré vers le Palais de Justice de Paris.
Il a été extrait de sa cellule au petit matin pour être transféré vers le Palais de Justice de Paris. - © MATTHIEU ALEXANDRE - AFP

Salah Abdeslam a été entendu ce matin par le juge d'instruction français, et cela pendant plus d'une heure trente. Selon nos informations, Salah Abdeslam ne s'est à nouveau pas exprimé et a à nouveau invoqué son droit au silence.

"Avec Sven Mary, on sait très bien que Salah Abdeslam avait indiqué qu'il souhaitait s'expliquer devant les juges français donc on ne désespère pas qu'il le fasse. Même si ce n'est pas aujourd'hui", a réagi l'un de ses avocats, Me Frank Berton.

"On a un interrogatoire qui a duré environ une heure et demi. Il a souhaité garder, pour la troisième fois, le silence suite aux questions, posées cette fois-ci par le juge."

"Le juge poursuit son instruction et ses interrogatoires qu'il parle ou qu'il ne parle pas. Il exerce ce droit et il n'a pas à le justifier et ne le justifie pas."

Vidéosurveillance permanente

Le seul auteur encore vivant des sanglants attentats du 13 novembre 2015 à Paris a été extrait au petit matin de sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, et son convoi, sous surveillance maximale, est arrivé vers 07H30 (05H30 GMT) au palais.

Depuis son transfert de Belgique vers la France le 27 avril, le suspect-clé des attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts, garde le silence. Il avait même refusé en juillet d'être extrait de sa cellule pour un interrogatoire.

Son avocat, Me Frank Berton, a lié ce mutisme à la vidéosurveillance permanente dont le détenu le plus surveillé de France, incarcéré à l'isolement, fait l'objet à Fleury-Mérogis.

Pour éviter toute tentative d'évasion ou de suicide, Abdeslam est filmé par deux caméras dans sa cellule, et par d'autres dans une salle de sport et pour ses promenades.

En mai dernier, le détenu avait dénoncé ces conditions de détention, mais le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative française, a estimé que ce dispositif n'était pas disproportionné au vu du "caractère exceptionnel des faits terroristes" pour lesquels il est poursuivi.

Toujours des inconnues

Des zones d'ombre entourent encore le rôle exact d'Abdeslam le soir du 13 novembre.

Après avoir convoyé en voiture trois kamikazes qui se sont fait exploser à Saint-Denis, à la périphérie nord de Paris, où un match de football France-Allemagne se déroulait au Stade de France, il avait apparemment erré dans Paris au cours de la nuit.

Il avait ensuite été exfiltré le lendemain par deux amis venus le chercher depuis la Belgique.

Au cours de son errance dans la capitale, Abdeslam avait abandonné une ceinture explosive, laissant penser qu'il devait lui aussi mener une attaque suicide pendant que ses complices semaient la mort sur des terrasses de café et dans la salle de concert du Bataclan.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques, il a aussi eu un rôle de logisticien, louant des véhicules et des planques en région parisienne. Les enquêteurs pensent également qu'il a participé à l'acheminement de djihadistes en Europe.

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