Attentats de Paris: la coalition tue trois dirigeants de l'EI, dont le Belge Sammy Djedou

Des combattants kurdes près du village de Al-Haymar, à l'ouest de Raqa (Irak), le 11 décembre 2016.
Des combattants kurdes près du village de Al-Haymar, à l'ouest de Raqa (Irak), le 11 décembre 2016. - © DELIL SOULEIMAN - AFP

La coalition internationale luttant contre le groupe Etat islamique a tué trois responsables de l'organisation djihadiste "directement impliqués dans des attentats extérieurs (à la Syrie) et dans le recrutement de combattants étrangers", lors d'une frappe aérienne le 4 décembre à Raqa en Syrie.

"Deux de ces dirigeants - Salah Gourmat et Sammy Djedou - ont aidé à la préparation des attentats du 13 novembre 2015, à Paris", a annoncé mardi le Pentagone dans un communiqué.

Contactée par la RTBF, Véronique Loute, la mère de Sammy Djedou, a confirmé ce mardi qu'elle avait appris la mort de son fils. Ce jeune Belge, aussi connu sous le nom de guerre Abou Moussab, a disparu fin octobre 2012. Il a coupé tout contact avec sa mère en août 2015, quelques mois avant les attentats de Paris.

La sûreté de l'Etat soupçonne Sammy Djedou d'avoir occupé un poste important au sein de l'EI. Selon nos informations, il aurait été chargé par le groupe terroriste de planifier des attentats en Europe, dont ceux de Paris et Bruxelles. Il était en contact avec les terroristes qui ont opéré en Belgique. Le nom de ce proche d'Abdelhamid Abaaoud a été retrouvé dans un ordinateur appartenant aux frères El Bakraoui, deux auteurs des attentats de Bruxelles.

Salah Gourmat et Sammy Djedou étaient "de proches associés de Abou Mohammed al-Adnani, le responsable de la coordination des opérations extérieures qui est mort dans une frappe de la coalition en août", ajoute le Pentagone. La Russie avait elle aussi revendiqué la mort de ce leader djihadiste.

L'un des premiers djihadiste français condamné

Le franco-algérien Salah Gourmat, tué à moins de deux semaines de ses 27 ans (il est né le 16 décembre 1989), avait été l'un des premiers candidats au djihad en Syrie condamné en France. Il n'était pas visé dans l'enquête conduite par des juges parisiens sur les attentats du 13 novembre, selon une source proche de l'enquête à Paris.

Il avait écopé en mars 2014 d'une peine de quatre ans de prison dont un avec sursis pour avoir voulu faire le djihad en Syrie, avec deux compagnons, Fares Farsi et Youssef Ettaoujar, eux aussi condamnés. Salah Gourmat, qui comparaissait libre, en a profité pour prendre la poudre d'escampette et était absent à son jugement. La justice, le soupçonnant d'être parti en Syrie rejoindre l'EI, avait ouvert une nouvelle enquête, selon la source judiciaire.

Cellule de Verviers

Le troisième dirigeant du groupe tué par la coalition menée par les Etats-Unis début décembre est Walid Hamman. Il était chargé d'organiser des attaques suicide et a été condamné à cinq ans de prison par contumace en Belgique pour ses liens avec la cellule terroriste de Verviers.

Le trio s'était rencontré en décembre 2011 à Nice, lors d'une réunion organisée par Oumar Diaby, considéré comme l'un des plus importants recruteurs de djihadistes français. Ils avaient été interpellés le 14 mai 2012 à l'aéroport de Saint-Etienne (est de la France) avant de s'envoler pour Gaziantep en Turquie, un point de passage traditionnel pour les recrues jihadistes souhaitant passer en Syrie.

Les trois hommes, qui travaillaient ensemble "pour mettre au point des attentats en Occident", faisaient partie du réseau du cadre franco-tunisien de l'EI, Boubaker El Hakim. Il a lui aussi été tué dans une frappe de la coalition le 26 novembre.

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