"L'Etat Islamique comme l'ennemi numéro un de l'Europe, et au-delà" selon Juncker

Pour faire face à la menace terroriste, les efforts doivent selon lui se focaliser sur le renforcement des frontières extérieures, et pas sur le contrôle des frontières intérieures, explique-t-il.
Pour faire face à la menace terroriste, les efforts doivent selon lui se focaliser sur le renforcement des frontières extérieures, et pas sur le contrôle des frontières intérieures, explique-t-il. - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a affirmé considèrer l'Etat Islamique comme l'ennemi numéro un de l'Europe, à l'instar du président français François Hollande. Il s'est toutefois gardé de s'exprimer en termes de guerre lors d'un échange avec les citoyens à Bruxelles mercredi.

L'effroi suscité en Europe par les attentats de Paris, a monopolisé de débat citoyen auquel participait Jean-Claude Juncker mercredi au Palais des Beaux-Arts (Bozar).

Guerre ou pas guerre?

"Est-ce que l'Europe est en guerre?" se sont inquiétés les journalistes animant le débat. "Nous sommes aux prises avec une confrontation qui va durer et qui produira de nombreuses conséquences. Tous les pays européens doivent être solidaires de la France - ce qu'ils font - mais je n'aime pas utiliser des termes dont je ne mesure pas les prolongements", a répondu le président de la Commission européenne. "Ca aide qui de parler de guerre?", a encore lancé le Luxembourgeois.

"Comme François Hollande, je considère l'Etat Islamique (EI) comme ennemi numéro 1 de l'Europe et au-delà. Donc il faut réunir tous les moyens pour mettre un terme à cette barbarie galopante", a-t-il encore précisé.

"Les grandes nations que l'Europe, les Etats-Unis et la Russie doivent travailler ensemble quand il faut combattre le fléau de l'EI. Il faut mettre de coté tous les problèmes que nous pouvons avoir entre nous pour nous concentrer sur ce problème majeur, qui, si nous ne le réglons pas va nous conduire au bord de l'abîme", a observé M. Juncker, ajoutant encore qu'il ne peut y avoir "d'architecture sécuritaire en Europe sans une participations accrue de la Russie."

Créer une agence de renseignement européenne

Pour répondre à la menace terroriste, le président de la Commission s'est dit en faveur de la création d'une agence de renseignement européen, et d'une meilleure coopération de ces services en Europe. Toutefois, il "demande à voir", car "une certaine conception de l'Etat et l'absence d'une certaine idée de l'Europe", freinent encore cet élan selon lui. Il a noté que la Belgique n'était pas le seule maillon faible du dispositif actuel, et précisé que la législation européenne permet aussi d'assure une coopération très étroite entre polices. "Celle entre la France et la Belgique est excellente."

Pour faire face à la menace terroriste, les efforts doivent selon lui se focaliser sur le renforcement des frontières extérieures, et pas sur le contrôle des frontières intérieures, même si c'est un "réflexe" qu'il dit comprendre. "Le risque est grand de voir réapparaitre les frontières en Europe et je ne voudrais pas que cette génération de femmes et d'hommes politiques, la mienne, soit celle qui les a réintroduit."

 

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