Opération à Saint-Denis: Abdelhamid Abaaoud traqué, 5000 balles tirées

L'opération policière ciblait le djihadiste Abdelhamid Abaaoud.
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L'opération policière ciblait le djihadiste Abdelhamid Abaaoud. - © T. Mignon avec BELGA

Une opération policière d'ampleur en lien direct avec les attentats de vendredi dernier à Paris a été menée ce mercredi matin à Saint-Denis. Les forces antiterroristes de la police judiciaire française sont intervenues, assistées du RAID. 

Selon nos sources, Abdelhamid Abaaoud est bien la personne qui était visée par les opérations. Mais d'après le procureur de la République de Paris François Molins, il ne fait pas partie des personnes arrêtées. Sa cousine, présente sur place est décédée lors de l'opération. 

Toujours selon nos informations, l'identification des présumés terroristes tués dans l'appartement de Saint-Denis prendra du temps compte tenu de l'état des corps. Il faudra sans doute recourir à l'analyse ADN.

L'ESSENTIEL :

  • L'opération ciblait le commanditaire présumé des attentats de Paris Abdelhamid Abaaoud
  • Au moins deux terroristes présumés ont été abattus :
    • Une femme s'est fait exploser lors de l'intervention; selon nos informations, il s'agit de la cousine d'Abaaoud
    • Un autre individu, un homme, a été tué durant l'assaut
  • Sept personnes ont été arrêtées, dont trois se trouvaient dans l'appartement, et au moins deux à proximité immédiate
  • Cinq policiers ont été légèrement blessés, un chien policier a été tué
  • Aucune victime civile n'est à déplorer
 

Une femme retranchée dans l'appartement visé par l'opération s'est fait exploser après avoir activé son gilet explosif, a confirmé François Molins, le procureur de la République de Paris, via un communiqué. Selon nos informations, cette kamikaze, Hasna Ait Boulahcen, est la cousine d'Abdelhamid Abaaoud. Domiciliée à Clichy-sous-Bois et âgée de 26 ans, elle était gérante d'une société de construction établie à Creutzwald dans la Moselle et inactive depuis deux ans. Notons par ailleurs que l'explosion d'une femme kamikaze est une première en France.

Un second terroriste présumé est mort lors de l'assaut, a confirmé le procureur de la République de Paris. Il s'agit d'un homme, qui a été atteint par des projectiles et des grenades, a précisé le procureur de Paris.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois évoqué la possibilité qu'il y ait davantage de morts, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Il y aurait au moins deux morts, et peut-être davantage", a-t-il déclaré, évoquant des "personnes qui auraient pu frapper de nouveau, et c'est une fois de plus des crimes, des meurtres, de la barbarie qui ont été évités".

Les identités des personnes présentes dans l'appartement "ne sont pas établies à ce stade", a indiqué le procureur de la République de Paris.

Le ministre français de l'Intérieur  et le procureur de la République se sont adressés à la presse

Sept interpellations

Trois hommes retranchés ont été extraits du bâtiment par les équipes du RAID et placé en garde à vue. Un homme et une femme, qui se trouvaient à proximité immédiate de l'appartement, ont par ailleurs été interpellés et placés en garde à vue, ajoute François Molins.

En tout, sept personnes ont été interpellées, elles sont en cours d'identification, a indiqué Bernard Cazeneuve. Parmi elles se trouve le propriétaire ou locataire de l'appartement visé par les policiers d'élite. "Un ami m'a demandé d'héberger deux de ses potes pour quelques jours" pour "rendre service", a-t-il raconté à l'AFP, quelques instants avant d'être menotté. "Je n'étais pas au courant que c'était des terroristes", s'est-il justifié.

Cinq policiers du RAID ont été légèrement blessés durant cette opération menée dans le quartier de la place Jean Jaurès, a confirmé la Police nationale française. Un chien policier a par ailleurs été tué durant l'intervention.

Au total, 110 agents du RAID et de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) sont intervenus, essuyant un feu nourri pendant de nombreuses heures dans des conditions inédites, a encore souligné Bernard Cazeneuve.

Aucune victime civile n'est par ailleurs à déplorer, ont confirmé le maire de Saint-Denis, Didier Paillard, et le député de Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin, sur France Info.

Pas moins de 15 000 personnes habitent dans le périmètre de sécurité tel qu'établi par les forces de police, a annoncé l'adjoint au marie de Saint-Denis sur France Info.

D'après une source proche de l'enquête, les suspects visés par cette opération projetaient un attentat dans le quartier de la Défense à Paris. Une information toutefois démentie par une source policière auprès du Nouvel Obs.

Abdelhamid Abaaoud dans le viseur

La cible de cette intervention était Abdelhamid Abaaoud, le djihadiste belge devenu une figure de l'organisation terroriste État islamique et soupçonné d'être à la base des attaques de Paris, ainsi que d'être l'initiateur de plusieurs tentatives d'opérations terroristes en Europe.

Selon nos informations, Abdelhamid Abaaoud était bien présent sur les lieux ce mercredi matin. Il est cependant encore trop tôt pour établir s'il s'agit de la seconde personne décédée dans l'opération ou s'il figure parmi les personnes interpellées ce jour.

Échanges de tirs à l'aube

"Je m’étais allongée par terre et je n’ai pas bougé, a confié à France Info une habitante de l'appartement situé en-dessous de celui visé par l'opération policière. Il faut éteindre toutes les lumières. Et c’est ce que j’ai fait (…) J’ai essayé d’aller aux toilettes, mais, puisqu’il y avait des explosions... J’entendais les explosions sur le toit des toilettes, ça allait exploser. Je suis sortie des toilettes et j’ai essayé de me protéger avec la porte des toilettes, la porte de la chambre, et on est resté comme ça, avec mon bébé. Vraiment, on voyait des balles. On voyait des lumières, des lasers qui venaient vers nous. Et, vraiment, il y avait des explosions, on sentait les meubles qui bougeaient et il y avait des mecs en haut qui couraient et qui étaient en train de crier 'Non, non, non, non, ne tire pas'."

Déploiement militaire

Une cinquantaine de militaires ont par ailleurs été déployés à Saint-Denis, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Ils se sont postés à l'entrée du périmètre de sécurité le long des vitrines des magasins, fusils d'assaut à la main, portant gilets pare-balles et casques.

Les établissements scolaires, écoles et collèges, n'ouvriront pas ce mercredi dans le centre-ville de Saint-Denis, ont annoncé les autorités locales à l'AFP. Il est demandé "à la population d'éviter absolument la zone du centre-ville", selon les mêmes sources. Tous les métros, bus et tramways desservant Saint-Denis étaient à l'arrêt en raison de l'intervention policière antiterroriste en cours, selon la régie des transports RATP.

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