François Hollande: "Nous devons être implacables contre toute forme de haine"

Le président français François Hollande s'est adressé au congrès des maires de France ce mercredi en début d'après-midi, après l'opération policières d'envergure menée en matinée à Saint-Denis.

S'il a fait part de sa "gratitude" et de son "admiration" à l'égard des agents de police intervenus dans cette commune située au nord de Paris, il n'a toutefois pas donné davantage d'informations sur l'assaut en question, ni sur les interpellations qui en ont découlé.

"Une opération policière particulièrement périlleuse et lourde vient de s'achever. Elle visait à neutraliser cette nuit des terroristes logés à Saint-Denis qui sont en lien avec les auteurs des attentats et des crimes odieux de vendredi soir."

"J'imagine l'angoisse qui a saisi au petit matin les habitants de Saint-Denis et je salue leur sang-froid. Je veux exprimer toute notre gratitude, notre admiration à l'égard des forces de l'ordre, des policiers qui ont lancé l'opération. Ils connaissaient le danger, ils sous-estimaient sans doute encore la violence qu'ils allaient rencontrer et ont été jusqu'au bout de leur mission."

"Je pense aussi à ces policiers qui sont allés au Bataclan dans des conditions terrifiantes pour aller chercher les terroristes et là encore les neutraliser. La France est fière de disposer de forces de cette qualité pour protéger nos concitoyens", a déclaré le président, fortement applaudi par l'ensemble des élus rassemblés au palais des congrès de Paris.

"Nous sommes dans la guerre, une guerre contre un terrorisme"

"Ces actions nous confirment une fois encore que nous sommes dans la guerre, une guerre contre un terrorisme qui lui-même a décidé de nous mener la guerre.

"Par la terreur, Daech (acronyme arabe du groupe terroriste État islamique, ndlr) veut instiller, par ses propres tueries, le poison de la suspicion, de la stigmatisation, de la division, a-t-il mis en garde. Ne cédons pas aux tentations de repli, ne cédons pas non plus à la peur, aux excès et à la surenchère."

"Daech dispose d'une armée, de ressources financières, elle occupe un territoire, elle a des complicités en Europe et dans notre propre pays. Au cours de la nuit du 13 novembre, au moins 129 personnes ont perdu la vie, nous pensons à elles, à ces femmes, à ces hommes qui ont lâchement été assassinés, blessés, traumatisés ainsi qu'aux familles plongées dans un indicible chagrin."

"Ces attentats ont ensanglanté Paris et Saint-Denis, mais ils concernent tous les Français, parce que c'est le pays tout entier qui a été attaqué. Ce qu'ont voulu viser les terroristes, c'est l'idée même de la France, de ce qu'elle représente, la liberté qu'elle proclame et les droits universels qu'elle défend. Ces barbares ont visé le peuple de France dans sa diversité, la jeunesse française a été ciblée car elle représente la vitalité."

"Notre cohésion sociale est la meilleure réponse et notre union nationale en est l'expression"

Le président a ajouté que des polices municipales, complémentaires de la police et de la gendarmerie, pourront être équipées avec des armes du stock de la police nationale. En France, les 3900 polices municipales ne sont en principe pas armées.

La dissolution des lieux et groupes faisant "l'apologie du terrorisme", facilitée dans le cadre de l'état d'urgence par un projet de loi présenté mercredi matin en Conseil des ministres, se fera "immédiatement", a aussi promis François Hollande. "Si certains individus se livrent à l'apologie du terrorisme, dans certains lieux, dans des associations, dans des groupements de fait, le projet de loi présenté ce matin prévoit qu'ils pourront être dissous. Ils le seront immédiatement", une fois le texte promulgué, a déclaré le chef de l'État français.

Après les attentats, "notre cohésion sociale est la meilleure réponse et notre union nationale en est l'expression. Nous devons être implacables contre toute forme de haine. Aucun acte xénophobe, antisémite, anti-musulman ne doit être toléré", a enfin lancé le président aux responsables des municipalités.

Le président s'est félicité que les opérations en Syrie avaient été "multipliées par trois grâce au porte-avions Charles De Gaulle qui vient d'appareiller". Le vaisseau amiral français sera sur zone d'ici la fin de la semaine annoncent les autorités. 

François Hollande se rendra mardi à Washington et jeudi à Moscou pour coordonner les actions à mener avec Barack Obama et Vladimir Poutine, et "anéantir une armée qui menace le monde entier".

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