Commission "attentats": pourquoi le rapport sur Abdeslam a-t-il été mis de côté?

La commission attentats est président par l'Open Vld Patrick Dewael (image d'archive)
La commission attentats est président par l'Open Vld Patrick Dewael (image d'archive) - © DIRK WAEM - BELGA

Salah Abdeslam aurait-il pu être arrêté trois mois plus tôt ? Cette question est au cœur des auditions de ce mercredi de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats. Le président du Comité P, la police des polices, a été entendu par les députés. Il a été question du numéro 79 de la rue des Quatre Vents à Molenbeek, là où Salah Abdeslam a été arrêté le 18 mars.

La séance s'est tenue à huis clos, car, pour comprendre, il faut citer des noms de personnes qui ne sont pas poursuivies dans l'enquête sur les attentats. Dont celle d'un policier de Malines âgé de 46 ans. L'homme est d'origine maghrébine et il a 19 ans d'ancienneté dans la police. Rien d'un débutant, donc. Et il habite à Molenbeek, non loin de chez Salah Abdeslam.

En 2015, il est depuis plusieurs mois en congé de maladie. Cela ne l'empêche pas le 7 décembre de partager avec son supérieur une information collectée dans son quartier. L'information indique qu'un neveu de la famille Abdeslam, Abid Aberkan, s'est radicalisé et qu'il serait toujours en contact avec les frères Abdeslam, dont Salah.

Responsabilité partagée

La piste mène vers une adresse, au 79 de la rue des Quatre Vents. Un rapport sera bel et bien rédigé à Malines, mais il ne sera jamais mentionné dans l'ordinateur central.

Selon nos informations, ce mercredi, le Comité P a pointé la procédure en présentant sa première analyse : l'inspecteur de police n'a pas indiqué ses sources dans son rapport. Et ce rapport a dès lors été mis de côté et n'a pas suivi le parcours qu'il aurait dû suivre.

Y a-t-il eu une faute dans le chef de l'inspecteur de police ? Le Comité P dit que la responsabilité est partagée au sein de la chaîne; une enquête judiciaire est en cours. Et il n'y a pas encore de réponse claire à cette question. Le chef de corps de la police de Malines avait déjà indiqué il y a quelques semaines qu'il n'y avait pas d'erreur individuelle, mais une erreur partagée au sein de son équipe.

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