Attentats de Paris: quatrième et cinquième kamikazes, liés à la Syrie, ont été identifiés

Attentats à Paris: quatrième et cinquième kamikazes identifiés
Attentats à Paris: quatrième et cinquième kamikazes identifiés - © BERTRAND GUAY - AFP

Perquisitions tous azimuts, premières inculpations, identification de kamikazes: l'enquête s'accélère trois jours après les pires attentats jamais commis en France, qui s'est figée dans le recueillement en mémoire des victimes.

Côté français, les enquêteurs ont identifié deux assaillants supplémentaires. Cela porte à cinq sur sept le nombre de kamikazes morts identifiés.

Des liens avec la Syrie

Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy en banlieue parisienne, est l'un des assaillants du Bataclan. Mis en examen en octobre 2012 pour un "projet de départ avorté vers le Yémen", il était parti en Syrie en septembre 2013 en violation de son contrôle judiciaire.

Trois personnes de l'entourage familial de Samy Amimour se trouvent en garde à vue depuis lundi matin, a précisé la justice française.

Le deuxième est un kamikaze du Stade de France à côté duquel un passeport syrien au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, a été retrouvé. L'authenticité de ce passeport "reste à vérifier" mais les empreintes du kamikaze concordent avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre 2015", a affirmé le procureur de Paris, François Molins.

Selon Athènes, l'homme avait été enregistré sur l'île de Leros, en face des côtes turques, le 3 octobre dernier. Il a ensuite quitté la Grèce à une date inconnue et a été repéré pour la dernière fois en Croatie quelques jours plus tard.

Cinq assaillants identifiés sur les sept qui sont morts

Sur les sept assaillants morts, cinq ont donc déjà été identifiés. Le premier, Omar Ismaïl Mostefaï, né en banlieue parisienne, avait été signalé pour sa radicalisation et fiché par les services de renseignement français. Deux autres, Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdelslam (31 ans), sont des Français résidant en Belgique. Un frère de ce dernier, Salah, qui pourrait être un des kamikazes ou en fuite, est recherché, tandis qu'un autre de ses frères a été interpellé.

L'enquête se concentrait toujours lundi sur l'identification des djihadistes, qui ont causé la mort d'au moins 129 personnes à Paris et dans sa banlieue vendredi, et de leurs connexions en Belgique et Syrie. Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie entre 2013 et 2014. Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l'enquête, et la question se pose pour d'autres assaillants, identifiés ou en voie de l'être.

Les dernières informations font état de 23 interpellations et 31 armes saisies, selon les déclarations du ministre de l'Intérieur.

Pas d’amalgames

L'Allemagne, qui attend cette année jusqu'à un million de demandeurs d'asile, notamment syriens, a appelé lundi à ne pas faire d'amalgames, à la suite de la divulgation de ces informations. Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, a ainsi jugé lundi que le passeport retrouvé pouvait être "une fausse piste" lancée par le groupe Etat islamique pour "radicaliser" le débat migratoire. "Nous savons que l'EI (est connu) pour laisser de telles fausses pistes pour politiser et radicaliser la question des réfugiés en Europe", a déclaré Heiko Maas à la chaîne de télévision publique ARD. Il faut "faire preuve d'une très, très grande prudence jusqu'à ce que les choses soient claires", a-t-il ajouté.

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