Attentats de Paris: où en est l'enquête trois jours après les attaques ?

L'enquête sur les attentats de Paris a enregistré dimanche des progrès avec des interpellations en cascade en France et en Belgique, qui apparaît clairement comme la base arrière des commandos qui ont provoqué la mort d'au moins 129 personnes.

Le caractère européen de l'enquête, qui a des connections dans d'autres pays, a incité le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à demander et obtenir une réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur de l'UE vendredi prochain à Bruxelles.

À Paris, l'atmosphère était cependant très tendue dimanche soir avec des mouvements de panique provoqués par de fausses alertes, selon le ministère de l'Intérieur, notamment sur la place de la République, qui s'est brutalement vidée de milliers de manifestants venus dire leur émotion après les attentats.

Trois auteurs identifiés

Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, a été le premier kamikaze formellement identifié post mortem sur le site de la salle de concert parisienne, où 89 personnes ont été tuées selon un bilan toujours provisoire. Le procureur de Paris François Molins avait précisé samedi soir que cette personne, née à Courcouronnes dans l'Essonne, était connue de la justice pour des délits de droit commun mais jamais incarcérée.

Il avait également fait l'objet d'une fiche "S" en 2010 pour radicalisation mais n'a jamais été impliqué dans des filières djihadistes, avait précisé le procureur de Paris.

Sept personnes de l'entourage familial d'Ismaël Omar Mostefaï ont été placées en garde à vue en France afin de procéder à des vérifications, a-t-on appris de sources judiciaire et policière.

La piste belge

Deux autres Français résidant en Belgique ont également été identifiés parmi les assaillants morts, a annoncé dimanche le procureur de Paris. Cela porte à au moins trois le nombre de djihadistes de nationalité française tués dans ces attentats. L'un des deux Français identifiés dimanche, âgé de 20 ans, a péri dans un attentat-suicide à proximité du Stade de France. 

Le deuxième, 31 ans, s'est fait sauter dans le restaurant Le Comptoir Voltaire, dans le XIe arrondissement de la capitale. Selon une source judiciaire, ce dernier était le locataire de la Seat louée en Belgique qui a servi à un des commandos de djihadistes et retrouvée à Montreuil, dans la banlieue de Paris. Trois Kalachnikov ont été trouvées à son bord. Cet homme est aussi le frère d'un homme né à Bruxelles le 15 septembre 1989 mais qui est français, Abdeslam Salah, recherché par la France, qui a lancé un appel à témoins à son encontre.

Abdeslam Salah avait loué à Bruxelles la Volkswagen Polo dans laquelle les trois assaillants de la salle de concert du Bataclan sont arrivés sur place, précise-t-on de même source. Un troisième frère, également de nationalité française et habitant en Belgique, est entre les mains des autorités belges.

Au total sept personnes ont été interpellées en Belgique. Les arrestations ont eu lieu surtout à Molenbeek, une commune de la région bruxelloise déjà liée à plusieurs attaques djihadistes en France et en Belgique. Amedy Coulibaly, qui avait tué une policière et quatre personnes dans un supermarché juif de Paris en janvier dernier, avait acheté des armes dans ce quartier, tout comme Ayoub El Khazzani, l'homme qui avait ouvert le feu en août dernier dans le Thalys reliant Bruxelles à Paris. Mehdi Nemmouche, le ressortissant français auteur présumé de la fusillade qui a fait quatre morts en mai 2014 au Musée juif de Bruxelles, a aussi vécu à Molenbeek, d'où sont issus de nombreux djihadistes combattant en Syrie ou en Irak.

Place aux actes politiques 

La Belgique est le pays d'Europe qui, proportionnellement à sa population compte le plus de combattants dans cette région. D'autres pays sont également impliqués dans l'enquête. Le titulaire du passeport syrien découvert près du corps d'un des auteurs des attentats près du Stade de France est entré le 7 octobre en Serbie où il a demandé l'asile, a fait savoir dimanche le ministère serbe de l'Intérieur. Les autorités grecques ont aussi annoncé qu'il était passé par la Grèce. A Paris, le travail d'identification des victimes se poursuit et 103 corps l'ont déjà été, a dit Manuel Valls.

François Hollande, qui a promis une réponse "impitoyable" aux attentats à la fois à l'extérieur et à l'intérieur des frontières, a quant à lui entamé dimanche des consultations politiques avant son discours de lundi devant le Congrès réunissant députés et sénateurs à Versailles.

"Dans une guerre, ce qui est essentiel c'est l'union sacrée", a déclaré dimanche le Premier ministre Manuel Valls. Le premier reçu a été l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui a plaidé pour un rapprochement avec la Russie et des sanctions accrues en France à sa sortie. Face à "cet état de guerre", il a plaidé pour "une inflexion de notre politique étrangère, des décisions au plan européen et des modifications drastiques de notre politique de sécurité".

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