Attentats de Paris: moratoire du parlement bruxellois sur ce qui divise

Attentats à Paris - Le parlement bruxellois met un moratoire temporaire sur ce qui divise
Attentats à Paris - Le parlement bruxellois met un moratoire temporaire sur ce qui divise - © DIRK WAEM - BELGA

Le parlement bruxellois et ceux des entités communautaires bruxelloises ont ouvert, ensemble, vendredi matin, un long débat lié aux attentats de Paris, avec en toile de fond les liens entre ces événements et les multiples perquisitions menées dans la capitale belge.Dès l'entame des échanges, le président du parlement, Charles Picqué, a lancé un appel à la dignité des interventions. Son appel a été largement suivi lors des prises de position de la matinée, même si l'on a vu émerger ici et là, des regrets ou demandes qui ne manqueront pas de revenir sur la table au cours des prochaines semaines. Tout en restant dans les clous de la dignité, la demande répétée d'élus de l'ensemble des formations néerlandophones de fusionner les zones de police bruxelloise a eu le don d'irriter certains francophones au moment des répliques.

Dans les rangs francophones, Vincent De Wolf (MR) a remercié le ministre-président Rudi Vervoort d'avoir réuni rapidement les chefs de corps des zones de police et les bourgmestres au début de la semaine. Selon lui, avec la réunion de la conférence des bourgmestres, cela a permis de fixer l'émergence des besoins encore à rencontrer. Le chef de file des libéraux a demandé à Rudi Vervoort où en était la mise en place de l'Organisme d'Intérêt Public (OIP) de la prévention et de la sécurité et dans ce contexte, la place qui serait réservée à sa demande d'installation d'une cellule chargée spécifiquement du radicalisme.

Pour le PS, Philippe Close a souligné que son parti était prêt à soutenir les initiatives que rendra le gouvernement fédéral pour encore améliorer la sécurité des citoyens. Il a insisté sur la nécessité de prendre aussi des mesures préventives éducatives et dissuasives, et sur celle de s'interroger sur ce qui est diffusé via internet et les réseaux sociaux où rien n'empêche "l'apologie du terrorisme".

Se posant aussi des questions au sujet de l'installation effective du futur Organisme d'Intérêt Public de la prévention et de la sécurité, Isabelle Durant (Ecolo) a regretté que le ministre-président n'ait pas réuni le parlement avant de voir les bourgmestres bruxellois dans un dossier à la symbolique aussi élevée et qu'il ne se soit pas affiché davantage aux côtés de la bourgmestre de Molenbeek, commune au centre des critiques, notamment à l'étranger.

Au sein des partis flamands, plusieurs voix se sont élevées de tous les rangs pour exiger une nouvelle fois la fusion des zones bruxelloises de police. Ce fut notamment le cas de l'ex-ministre Brigitte Grouwels (CD&V) et de Johan Van den Driessche (N-VA), ce dernier dénonçant une politique du déni menée depuis plus de dix ans et une forme de laxisme.

Pour Benoît Cerexhe (cdH), en s'expriment de la sorte, l'élu N-VA fait preuve soit d'une méconnaissance et/ou d'un désamour pour Bruxelles. Il a demandé si les services de renseignement et de la police fédérale fonctionnaient aussi bien que ne le font les zones de police bruxelloises entre elles.

Au moment des répliques, l'élu cdH a rejoint, non sans une certaine fermeté le point de vue de Vincent De Wolf (MR), actuel président de la Conférence des bourgmestres, selon qui le débat sur la fusion n'a pas de lien avec le dossier du radicalisme car les compétences les plus importantes exercées dans le cadre de la lutte contre ce phénomène sont fédérales (fichage des individus, recherches informatiques, ...). Selon le chef du groupe MR, dire que les bourgmestres bruxellois veulent conserver du pouvoir n'a pas de sens car celui-ci est déjà actuellement très limité dans cette matière. Emmanuel De Bock (FDF) l'a également rejoint en soulignant que dans certaines zones de police en dehors de Bruxelles, le mot défusion était à l'ordre du jour, pour des raisons d'efficacité.

 

 

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