Attentats de Paris: recueillement en France et dans le monde

Recueillement devant le consulat général de France à San Francisco.
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Recueillement devant le consulat général de France à San Francisco. - © Josh Edelson - AFP

La journée de dimanche s'annonce sous le signe du recueillement à la suite des attentats survenus à Paris dans la nuit de vendredi à samedi et qui ont fait 129 morts et 352 blessés.

Trois jours de deuil national

En France commence un deuil national de trois jours décrété par François Hollande. Les cathédrales, comme Notre-Dame, sonneront le glas.

Musées, salles de spectacle et établissements culturels publics resteront fermés en Île-de-France. Les écoles rouvriront lundi, quand une minute de silence sera observée à midi partout en France.

En dépit de l'interdiction des manifestations à Paris jusqu'à jeudi, des centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir place de la République, haut lieu de la mobilisation post-Charlie, où la devise de la capitale "Fluctuat nec mergitur" ("Il est battu par les flots mais ne sombre pas") a été peinte en grand.

Terrasses vides, trottoirs déserts, rideaux tirés... malgré quelques irréductibles qui ont tenu à sortir pour "continuer à vivre", le silence a régné dans la nuit de samedi à dimanche dans les rues de Paris.

"On a envie de faire semblant que tout va bien, de partager, de ne pas rester tout seul", expliquait Benoît, 26 ans, un des rares clients d'un pub du canal Saint-Martin, un quartier jeune et branché à deux pas du site d'une des attaques.

Dimanche matin, les alentours du Bataclan étaient toujours bouclés, l'entrée de la salle dissimulée par des bâches. Des dizaines de passants venaient déposer des fleurs, des messages ou des bougies devant les barrières. "La vie est précieuse, la mort précoce est douloureuse", pouvait-on lire sur une feuille posée au sol.

Hervé, 38 ans, est venu en voisin avec son fils de 6 ans: "Il faut sortir, il ne faut pas rester chez soi. Il faut aller regarder ce qui s'est passé et manifester sa solidarité envers les familles et les morts. C'est affreux. J'ai peur pour l'avenir".

Marseillaises, fleurs et couleurs françaises

Dépôt de fleurs, minutes de silence ou Marseillaises chantées en public dans plusieurs capitales, bâtiments illuminés aux couleurs françaises. Les témoignages de solidarité se sont multipliés samedi dans le monde.

Après l'antenne de la tour du World Trade Center à New York, érigée sur le site du 11-Septembre, et l'immense tour CN à Toronto, l'emblématique Opéra de Sydney s'est paré des couleurs bleu, blanc, rouge du drapeau français, tout comme la Porte de Brandebourg à Berlin, Trafalgar Square à Londres, ou encore le Christ rédempteur surplombant Rio de Janeiro.

Sur l'une des principales places de Florence, l'immense reproduction du David de Michel-Ange portait un bandeau noir au bras, un drapeau français à ses pieds. Les joueurs de foot de l'équipe toscane de Livourne sont entrés sur le terrain avec un drapeau tricolore, entonnant l'hymne français, comme c'est prévu pour tous les matchs ce week-end en Italie. 

Et l'Opéra de New York, sous la direction de Placido Domingo, a joué une Marseillaise impromptue avant d'entamer "Tosca" de Puccini.

Un fleuriste à Oslo a distribué des dizaines de roses aux passants pour qu'ils puissent les déposer devant l'ambassade de France toute proche. A Madrid, des centaines de personnes ont observé une minute de silence, puis le maire et la foule ont chanté l'hymne français. Comme à Lisbonne, fleurs et bougies s'accumulaient devant le consulat de France à Istanbul.

Plusieurs centaines de personnes, Français et Colombiens, se sont rassemblés devant l'ambassade à Bogota, arborant pour certains des T-shirts noirs "Todos somos Paris" avec un o en forme de cœur rouge et le i remplacé par la tour Eiffel.

En Argentine, les candidats à la présidentielle en campagne ont suspendu leurs activités samedi en solidarité avec la France.

Une minute de silence pour honorer les victimes des attentats de Paris a marqué le début du deuxième débat pour les primaires démocrates pour la présidentielle américaine de 2016, qui se tient samedi à Des Moines (Iowa, centre des Etats-Unis). "Ce soir alors que la France est en deuil, il en va de même pour l'Amérique, et donc avant que nous commencions (...) nous vous demandons d'observer un moment de silence", a déclaré le présentateur.

Déclarations de solidarité à travers le monde

Les dirigeants européens ont assuré être aux côtés de la France contre le terrorisme. "Nous ferons tout ce qui est possible pour aider", a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron. La reine Elizabeth II s'est dite "profondément choquée et attristée".

"Nous pleurons avec vous", a dit la chancelière allemande Angela Merkel aux Français, auquel elle a promis de "mener le combat ensemble contre ces terroristes".

"Comme tous les Italiens, je sais que les terroristes ne vaincront pas", a affirmé le Premier ministre Matteo Renzi, son homologue espagnol Mariano Rajoy proclamant: "Aujourd'hui nous sommes tous la France".

A Stockholm, le Premier ministre Stefan Löfven, qui avait épinglé un petit drapeau tricolore au revers de sa veste, a exprimé sa solidarité avec Paris, "symbole de culture et de joie".

Le président américain Barack Obama a assuré que ces attentats étaient une attaque "contre toute l'humanité et nos valeurs universelles", avant de citer, en français, devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité".

A Vienne où il participe à une réunion internationale sur la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que les attentats "justifient" d'intensifier la lutte contre l'EI.

Plusieurs pays d'Afrique, certains eux-mêmes frappés par l'extrémisme islamiste, ont exprimé leur solidarité, le président nigérian Muhammadu Buhari dénonçant "les attentats barbares" et son homologue malien Ibrahim Boubacar Keita faisant observer une minute de silence.

Le président iranien Hassan Rohani a reporté un voyage prévu en Europe, qualifiant les attentats de "crimes contre l'humanité".

En visite à Paris, le président tunisien Béji Caïd Essebsi, dont le pays a été récemment frappé par plusieurs attentats, a condamné ces attaques "barbares".

L'imam de la mosquée Al-Azhar, plus haute institution de l'islam sunnite, a appelé "le monde entier à s'unir pour faire face à ce monstre" du terrorisme. Le Comité des grands oulémas, autorité religieuse suprême en Arabie saoudite, a jugé "contraires à l'islam" les sanglants attentats.

Le pape François, "bouleversé", a dénoncé des attentats "inhumains".

De nombreuses célébrités du sport et du spectacle se sont exprimés sur les réseaux sociaux, partageant le mot-dièse #PrayForParis.

"Courage, la France. Nous sommes avec vous", a twitté, en français, J.K Rowling, l'auteure de la saga Harry Potter. "Mes pensées et mes prières pour tous", a écrit le chanteur Justin Bieber, en sortant de scène. "Nous sommes tous UNIS. Priez pour la paix. A Paris et partout dans le monde", a assuré Madonna.

Le groupe de rock irlandais U2, "dévasté", a annulé deux derniers concerts prévus ce week-end dans la plus grande salle couverte de Paris. Le groupe, l'un des plus adulés au monde, est venu se recueillir en début de soirée devant la salle de concerts du Bataclan, principale cible des attaques.

Michel Platini, président de l'UEFA, s'est dit "bouleversé". Le champion de tennis espagnol Rafael Nadal a transmis toute son "affection" et son "soutien à la France et aux Parisiens", dans un tweet en français.

 

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