Attentats de Paris: la police lance un appel à témoins pour un suspect

Lancement d'un appel à témoin
4 images
Lancement d'un appel à témoin - © Tous droits réservés

La police française a lancé un appel à témoin dans tout le territoire pour retrouver un suspect. Son nom: Abdeslam Salah né le 15 septembre 1989 à Bruxelles.

Quels liens avec la Syrie?

Les jihadistes partis en Syrie sont depuis 2012 la principale crainte des services antiterroristes. La France et la Belgique sont parmi les pays européens les plus concernés par ce phénomène.

Objet d'une fiche S de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en 2010, mais passé sous les radars depuis, Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie en 2014. En est-il revenu avec des instructions? En avril 2014, c'était vraisemblablement le cas d'un autre jihadiste français, Ibrahim Boudina, interpellé avant un possible projet d'attentat sur la Côte d'Azur.

Quid des autres auteurs présumés des attaques? A-t-on affaire à un commando de vétérans du jihad dans les zones irako-syriennes? Au Bataclan, les kamikazes ont évoqué l'Irak et la Syrie.

Les enquêteurs restent prudents sur le passeport syrien retrouvé au Stade de France. Le nom y figurant est inconnu des services antiterroristes français. Et une source proche de l'enquête reste prudente sur cette piste, affirmant qu'il restait à établir que le détenteur du passeport était bien un des kamikazes.

Les autorités grecques ont affirmé que des renseignements avaient été demandés pour deux Syriens qu'elles ont enregistrés comme réfugiés le 3 octobre. Ce chiffre de deux n'est pas confirmé par des sources proche de l'enquête, les policiers ayant un seul nom, affirme une source proche du dossier.

Le journal serbe Blic, qui ne donne pas d'informations concernant ses sources, affirme que les autorités françaises ont demandé via Interpol la collaboration de la Serbie dans ce dossier. Selon ce journal et le journal croate Vecernji, le détenteur du passeport aurait transité par la Serbie avant de prendre la route de la Croatie.

Quelles complicités?

Les auteurs des attaques bénéficiaient d'armes, dont des kalachnikovs retrouvées dimanche dans une voiture Seat à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Des témoins avaient en effet fait état de la présence d'une Seat noire utilisée par les assaillants sur trois sites des attaques contre des bars et restaurants dans l'est de Paris.

Il y a forcément un artificier impliqué, celui qui a confectionné les ceintures d'explosifs. Figure-t-il dans les morts? Des spécialistes, qui ne participent toutefois pas à l'enquête, en doutent.

L'enquête s'attachera aussi aux moyens financiers dont disposait le commando.

Enfin les commanditaires. Les attaques ont été revendiquées par l'Etat islamique (EI) qui n'a jamais assumé d'actions terroristes dont elle n'est pas à l'origine. Dans la plupart des actes terroristes récents ou des projets (Charlie Hebdo, Ghlam, le patron du Rhône décapité, récent projet d'attaque de militaires à Toulon...), il y a trace d'échanges entre les auteurs et des interlocuteurs francophones en Syrie.

Cette enquête sur les complicités ne trouvera sans doute pas sa réponse dans les gardes à vue en cours de personnes de l'entourage de Mostefaï, qui semblait en rupture avec au moins une partie de sa famille.

La coopération entre les services européens

C'est sans doute un des grands points faibles de l'antiterrorisme européen, et il semble avoir été bien identifié par l'EI qui a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d'être connus et repérés.

L'enquête sur le carnage évité dans le Thalys a montré des faiblesses dans ces échanges d'informations entre services. Il est encore trop tôt pour savoir si cela a été le cas pour les auteurs des attentats de vendredi. Mais la question sera posée.

Un lien avec un homme arrêté en Allemagne?

Un homme arrêté en Allemagne la semaine dernière en possession d'armes automatiques et d'explosifs aurait un lien avec les attentats de Paris, selon les autorités bavaroises. Une adresse en France avait été retrouvée sur un papier dans la voiture et dans son GPS, tout comme huit fusils d'assaut, trois armes de poing et 200 grammes d'explosif. Mais le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière, s'est voulu plus prudent et a affirmé qu'aucun lien sûr n'avait encore été établi entre cette arrestation et les attaques à Paris. L'homme refuse de s'exprimer sur les attaques à Paris, affirme être étranger aux armes saisies et avoir simplement voulu visiter la tour Eiffel, a annoncé dimanche la police dimanche.

Un bilan dramatique

Au moins 129 morts et 352 blessés: les attaques perpétrées vendredi soir à Paris, revendiquées par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), sont sans précédent.

Cent-trois des personnes tuées ont été identifiées, mais "20 à 30" corps restent sans identité, a indiqué dimanche le Premier ministre français Manuel Valls. "Il y a eu 103 corps identifiés, il y a 20 à 30 personnes qui n'ont pas été encore identifiées. Elles le seront dans les heures qui viennent", a-t-il précisé à l'issue d'une rencontre avec des familles de victimes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK