Attentats de Paris: fermer les mosquées, est-ce la solution?

Attentats de Paris: fermer les mosquées, est-ce la solution?
Attentats de Paris: fermer les mosquées, est-ce la solution? - © FRANCOIS WALSCHAERTS - BELGA

Face à la montée de l’islamisme au sein d'une partie de la communauté musulmane, des questions se posent quant à la manière la plus efficace d'enrayer ce phénomène. Mais faut-il pour autant intervenir directement dans les mosquées ?

Corinne Torrekens, islamologue et chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles estimait sur le plateau de l'édition spéciale du Journal Télévisé que fermer les lieux de prêches n'est pas la solution: "Il existe un principe en Belgique que l’on ne peut dépasser et qui s’appelle la séparation de l’Eglise et de l’État. On ne ferme donc pas comme ça une mosquée parce que le discours ne nous plaît pas. Et moi ce que j’observe beaucoup par rapport aux mosquées, ce sont deux choses. D’une part que l’on confond les discours moralisateurs et conservateurs avec les discours radicaux. Car ce sont les discours radicaux qui sont politiques, pas les autres. D’autre part, la plupart des mosquées sont surveillées et elles le savent. Et donc dans la plupart des mosquées, il peut y avoir des discours conservateurs, mais pas radicaux. C’est donc aux services spécialisés d’intervenir et de faire le nécessaire. On ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il y a aujourd’hui des mosquées qui font des choses très intéressantes, qui sont très bien par rapport aux jeunes".

La fermeture, une réaction disproportionnée donc. D'autant plus, ajoute la chercheuse, que: "La plupart du temps le discours radical n’a pas lieu dans les mosquées. Il a lieu dans des petits groupes périphériques ou sur Internet. Des groupes qui recrutent à la sortie des mosquées, lors de divers événements et sur Internet".

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