Attentats de Paris: les mesures de Charles Michel pour lutter contre le terrorisme

Attentats de Paris: Charles Michel annonce 400 millions de plus pour lutter contre le terrorisme
Attentats de Paris: Charles Michel annonce 400 millions de plus pour lutter contre le terrorisme - © DIRK WAEM - BELGA

C'est un Premier ministre déterminé qui a annoncé ce jeudi à la Chambre 400 millions d'euros supplémentaires en faveur de la sécurité et contre le terrorisme. "Un amendement sera déposé dès la semaine prochaine au projet de budget 2016", a-t-il précisé.

Pour les djihadistes qui rentrent, leur place est en prison

Les moyens viseront notamment l'éradication des messages de haine, la concentration des efforts et des moyens sur les individus repérés comme potentiellement dangereux, le renforcement des moyens sécuritaires des services de sécurité et l'action sur le plan international.

Parmi les mesures annoncées, les plus spectaculaires concernent notamment les combattants revenant de Syrie. "Pour les djihadistes qui rentrent, leur place est en prison", a dit le Premier ministre. Pour les autres, une procédure contradictoire sera instaurée pour imposer le port d'un bracelet électronique.

Par ailleurs, des perquisitions seront désormais possibles en Belgique 24 heures sur 24. Le gouvernement prévoit également une modification de la Constitution afin de faire passer le délai de détention préventive de 24 à 72 heures.

Le chef du gouvernement a également fait valoir la volonté de son équipe d'appliquer le projet de contrôle des passagers (PNR) dans les avions et les trains à grande vitesse, sans attendre ce qui se prépare au niveau européen.

Je veux remercier nos policiers, nos agents de renseignement

Autre mesure, les cartes de téléphone prépayées anonymes seront interdites. Le gouvernement fédéral prépare également un plan pour la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, en concertation avec les autorités régionales et locales, pour la sécurité et le vivre ensemble. Le Premier ministre a demandé au parlement de mettre en place une commission spéciale de lutte contre le terrorisme.

Charles Michel a rappelé avoir témoigné auprès du président français François Hollande du soutien absolu des autorités belges dans la lutte contre le terrorisme. "Aussi, je n'accepte pas les critiques visant à dénigrer nos services de sécurité qui font un travail difficile et tenace. Je veux remercier avec vous, nos policiers, nos agents de renseignement, nos magistrats, nos enquêteurs pour leur courage et leur mobilisation", a tonné le Premier ministre, très largement applaudi dans l'hémicycle de la Chambre tout au long de son discours.

La liste complète des mesures:

  • Effort budgétaire additionnel: 400 millions supplémentaires pour la sécurité et la lutte contre le terrorisme (en complément des 200 millions déjà consentis en 2015, des 40 millions prévus pour la sureté de l'Etat et des 100 millions libérés pour la Défense)
  • Renforcement des contrôles policiers aux frontières.
  • Déploiement de 520 militaires pour renforcer la sécurité.
  • Révision du code d'instruction criminelle: Utilisation de méthodes particulières et de nouvelles technologie dans la recherche (empreintes vocales, élargissement des écoutes téléphoniques, contrôles supplémentaires du trafic d'armes).
  • "Garde à vue" étendue à 72h (au lieu de 24h actuellement) dans le cadre des actes de terrorisme. Cela nécessitera une révision de l'article 12 de la Constitution.
  • Perquisitions permises 24h sur 24h pour les infractions terroristes.
  • Privation de liberté pour les foreign fighters. Concrètement cela signifie la prison pour les djihadistes qui reviennent en Belgique.
  • Bracelet électronique pour les personnes fichées par les services d'analyse de la menace.
  • PNR belge: cela passera par l'enregistrement des données de tous les passagers dans les transports (avions et trains à grande vitesse).
  • Exclusion des prédicateurs de haine. Screening de tous les prédicateurs en vue d'assigner à résidence, de priver de liberté ou d'expulser ceux qui prêchent la haine.
  • Démantèlement des lieux de culte non reconnus qui diffusent le djihadisme.
  • Fin de l'anonymat pour les cartes de mobilophonie pré-payées.
  • Plan Molenbeek: prévention et répression.
  • Renforcement du screening pour l'accès aux emplois sensibles.