Schaerbeek, Auvelais, Charleroi: les trois planques d'Abaaoud et de ses complices

Les trois planques où se sont cachés Abdelhamid Abaaoud et ses complices
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Les trois planques où se sont cachés Abdelhamid Abaaoud et ses complices - © RTBF

Abdelhamid Abaaoud, l'organisateur présumé des attentats de Paris, s'est caché dans une maison de Charleroi peu de temps avant les attaques du 13 novembre. Cette information a été confirmée par le parquet fédéral ce mercredi. Une de ses empreintes a été retrouvée dans une habitation carolo, où auraient pu être préparés les attentats.

Cette planque, située rue du Fort précise le parquet, a été découverte il y a quelques semaines par la police fédérale. Comme celle d'Auvelais, elle était jonchée de matelas : elle devait surtout servir à l'hébergement des membres du groupe. La troisième planque, située à Schaerbeek, a été utilisée comme laboratoire pour la confection d'explosifs. 

Logistique minutieuse

Le groupe a veillé à s'acquitter des loyers et des garanties, mais les paiements ont été faits à chaque fois en liquide. La logistique était minutieuse, avec plusieurs lieux de replis loués bien avant les attentats pour une durée d'un an, de nombreuses voitures, des dizaines de GSM.

Selon des images de caméras de surveillance dévoilées par M6, les frères Abdeslam auraient quitté Molenbeek-Saint-Jean pour Charleroi le 12 novembre. Ils auraient rejoint Abdelhamid Abaaoud et seraient restés là jusqu'au 13 novembre vers 16h00 avant de prendre la route pour Paris et concrétiser leur projet meurtrier.

Les services de renseignement pensaient que Abdelhamid Abaaoud était caché en Syrie après le démantèlement de la cellule de Verviers il y a tout juste un an. Il avait été condamné à 20 ans de réclusion par contumace en juillet dernier.

Schaerbeek, Auvelais et Charleroi: trois logements au cœur de l'enquête

Au total, l'enquête a donc permis de découvrir trois "logements conspiratifs", comme les désignent les autorités judiciaires, utilisés par les terroristes: l'un à Schaerbeek (rue H. Bergé), l'autre à Auvelais (rue Radache) et le dernier à Charleroi.

Selon le parquet fédéral, l'appartement de Schaerbeek a été loué sous une fausse identité, au nom de Fernando Castillo, le 1er septembre 2015, pour une durée d'un an. Du matériel de préparation d'explosifs, une balance de précision, des traces de TATP (explosif artisanal), des ceintures ventrales et une schéma réalisé à la main représentant une personne avec une ceinture à la taille ont pu être mis au jour. Une empreinte digitale de Salah Abdeslam et une trace de l'ADN de Bilal Hadfi ont aussi été découvertes. Par contre, aucune arme n'a a été trouvée à cet endroit.

La fausse identité utilisée pour l'appartement de Charleroi est celle d'Ibrahim Maaroufi. Ce logement a été loué le 3 septembre 2015, également pour un an. Le 9 décembre, une perquisition y a été effectuée, permettant la découverte de matelas et d'empreintes digitales de Bilal Hadfi et Abdelhamid Abaaoud, mais aucune arme ou explosifs n'ont été trouvés.

Enfin, la maison d'Auvelais a été louée pour un an le 5 octobre 2015 sous le nom de Soufiane Kayal. Cette même fausse identité a été utilisée par une des deux personnes réceptionnées par Salah Abdeslam à Budapest le 9 septembre 2015, précise le parquet fédéral. Une perquisition, réalisée le 26 novembre dernier, a mené à la découverte de plusieurs matelas.

Concernant les véhicules liés aux attentats, l'enquête a montré que la Seat Leon ayant servi "ultérieurement à commettre les attentats de Paris" a circulé à proximité immédiate des logements de Charleroi et Auvelais. Une BMW louée par B. Mohamed, par ailleurs inculpé, a aussi été repérée à proximité immédiate des trois logements.

Des traces prélevées à ces endroits sont toujours en cours d'exploitation, conclut le parquet.

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