La cousine d'Abaaoud bien identifiée comme la kamikaze, perquisition chez sa mère

Abdelhamid Abaaoud est considéré comme le commanditaire des attentats à Paris.
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Abdelhamid Abaaoud est considéré comme le commanditaire des attentats à Paris. - © AFP

La femme retranchée dans l'appartement et s'est fait exploser après avoir activé son gilet explosif est bien la cousine d'Abdelhamid Abaaoud.

Cette kamikaze, Hasna Ait Boulahcen était domiciliée à Clichy-sous-Bois et âgée de 26 ans, elle était gérante d'une société de construction établie à Creutzwald dans la Moselle et inactive depuis deux ans.

Pour rappel, c'est la première fois qu'une femme se fait exploser en France.

Perquisitions chez la mère de la kamikaze

Les enquêteurs français ont mené jeudi une perquisition au domicile de sa mère, selon une source proche du dossier. Une femme s'était fait exploser à l'arrivée de la police et son corps est toujours en cours d'identification.

La kamikaze, âgée de 26 ans et décrite comme "instable" par sa famille", était retournée vivre chez sa mère à Aulnay-sous-Bois, une commune populaire au nord-est de Paris, il y a six mois. Selon son frère, elle avait quitté les lieux il y a trois semaines. C'est là que les policiers ont perquisitionné jeudi après-midi.

La veille au soir, des investigations ont été menées à Creutzwald (est), où le père de la kamikaze présumée habite toujours, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. "Aucune interpellation ni saisie" n'a eu lieu lors de cette intervention, selon cette source.

D'après son frère, qui a souhaité garder l'anonymat, la jeune femme s'était brutalement radicalisée il y a environ six mois, en portant le niqab.

"Elle était instable, elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran", a-t-il indiqué. Sa mère a déclaré avant la perquisition que sa fille avait subi "un lavage de cerveau".

Abdelhamid Abaaoud a aussi été formellement identifié

C'est le Procureur de la République qui l'a annoncé officiellement dans un communiqué : Abdelhamid Abaaoud a été formellement identifié parmi les terroristes tués lors de l'assaut de Saint Denis. "Il s'agit du corps découvert dans l'immeuble, criblé d'impacts", dit François Molins.

Le parquet précise qu'Abdelhamid Abaaoud a été identifié grâce à des "traces papillaires", ses empreintes digitales, et qu'il ignore à ce stade s'il s'est fait - ou non - exploser.

Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, est considéré comme le cerveau de nombreux attentats pour le compte du groupe terroriste de l’Etat islamique, dont dernièrement les attentats à Paris. Petit délinquant radicalisé, il était parti combattre en Syrie en 2013, où il est devenu l'un des visages de la propagande francophone du groupe Etat islamique (EI) sous le surnom d'Abou Omar al-Baljiki.

Le Premier ministre Manuel Valls, qui était à l'Assemblée nationale pour le débat sur la prolongation de l'état d'urgence lorsque la nouvelle de l'identification a été annoncée, a salué le "travail exceptionnel des services de renseignement et de la police" qui a permis de neutraliser "un des cerveaux" des attentats du 13 novembre.

Une présence sur le territoire français qui pose question

La présence en France de ce djihadiste belge révèle des défaillances majeures dans le système de contrôle aux frontières de Schengen (zone de libre circulation actuellement composée de 26 pays européens), estiment des experts.

D'autant que le jeune homme, condamné, recherché, omniprésent dans des vidéos de propagande du groupe terroriste État islamique (EI) tournées en Syrie, s'était déjà vanté, dans Dabiq, le magazine en ligne de l'EI, de s'être rendu en Belgique cet hiver pour y monter une opération qui a avorté après un raid de la police belge, puis d'être rentré en Syrie sans être repéré.

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