Assaut à Saint-Denis: ce que l'on sait du djihadiste Abdelhamid Abaaoud

Né en 1987 dans la commune bruxelloise de Molenbeek, il se fait appeler Abou Omar Soussi, du nom de la région du sud-ouest du Maroc dont sa famille est originaire, ou Abou Omar al-Baljiki (Abou Omar "le Belge").

"Un petit con"

"C'était un petit con", harcelant ses condisciples et ses professeurs ou volant des portefeuilles, a raconté un ex-camarade de classe au tabloïd populaire belge La Dernière Heure. Le "petit con" est maintenant dans le viseur des enquêteurs français et belges, qui voient en lui l'organisateur présumé des tueries de Paris qui ont fait vendredi 129 morts et 352 blessés et ont été revendiquées par l'Etat islamique.

Un lien avec Salah Abdeslam

Le suspect-clé dans ces attaques, Salah Abdeslam, qui a de fortes attaches lui aussi à Molenbeek et qui est activement recherché, ainsi que son frère Brahim, qui s'est fait exploser dans l'est de Paris, connaissaient Abaaoud. Ils apparaissent tous les trois dans des dossiers criminels de droit commun en Belgique.

Il emmène son frère de 13 ans en Syrie

"Abou Omar al-Baljiki" avait déjà fait la une des journaux belges début 2014 après avoir emmené en Syrie son petit frère Younes, 13 ans, surnommé "le plus jeune djihadiste du monde" par certains médias. Il aurait rejoint d'autres combattants belges, rassemblés dans une brigade d'élite de l'EI. Il apparaît, fine barbe et bonnet de style afghan sur la tête, dans une vidéo de l'EI où il se vante de commettre des atrocités, s'adressant goguenard à la caméra au volant d'un véhicule qui tire des cadavres mutilés vers une fosse commune. Des images à la limite du soutenable qui avaient été rendues publiques suite à la diffusion d'un reportage basé sur du contenu multimédia récupéré sur le GSM du djihadiste.

"Classe moyenne"

"Avant, on tractait des jet-skis, des quads, des grosses remorques remplies de cadeaux, de bagages pour aller en vacances au Maroc. Maintenant, on tracte les infidèles, ceux qui nous combattent, ceux qui combattent l'islam", se vante-t-il, sourire aux lèvres, dans un mélange de français et d'arabe. Il a le profil d'un individu de la "classe moyenne", a souligné mardi le quotidien flamand De Morgen. Le jeune homme avait été envoyé par son père, commerçant, au Collège Saint-Pierre à Uccle, commune huppée du sud de Bruxelles. Il n'y était resté qu'une seule année, de septembre 1999 à juin 2000.

"Nous avions une belle vie"

"Nous avions une belle vie, oui, même une vie fantastique ici. Abdelhamid n'était pas un enfant difficile et c'était devenu un bon commerçant. Mais tout à coup, il est parti pour la Syrie. Je me suis demandé tous les jours pour quelle raison il s'est radicalisé à ce point. Je n'ai jamais reçu de réponse", avait déclaré en janvier son père, Omar Abaaoud, à la Dernière Heure.

"Honte" de la famille

"Abdelhamid a jeté la honte sur notre famille. Nos vies sont détruites", avait réagi son père: "Pourquoi, au nom de Dieu, voudrait-il tuer des Belges innocents? Notre famille doit tout à ce pays", avait expliqué Omar Abaaoud, dont la famille est arrivée en Belgique il y a 40 ans, en ajoutant qu'il ne "pardonnerait jamais" à Abdelhamid d'avoir "embrigadé" son jeune frère Younes.

Cellule de Verviers

Le plus connu des quelque 500 Belges partis combattre en Syrie ou en Irak est surtout lié à la "cellule de Verviers". Le 15 janvier, une semaine après les attentats de janvier à Paris, la police belge avait donné l'assaut dans une maison de cette ville de l'est de la Belgique, tuant deux de ses occupants, qui selon les enquêteurs s'apprêtaient à cibler les forces de l'ordre. Abaaoud n'est pas sur place. Mais début février, il revendique avoir "planifié" ces attentats déjoués de justesse dans une interview que lui attribue Dabiq, le magazine de l'EI.

"Contre les croisés"

"Nous avons finalement réussi à rejoindre la Belgique. Nous avons alors réussi à obtenir des armes et à établir une planque tout en planifiant de mener des opérations contre les 'croisés'", se vantait-il. Selon la presse, Abaaoud avait été localisé en Grèce, d'où il communiquait avec les deux djihadistes tués à Verviers. Un coup de filet à Athènes n'avait pu réussir à l'arrêter. "J'ai pu partir et venir à el-Cham (en arabe la Grande Syrie ou sa capitale Damas, NDLR) malgré la chasse menée par tant de services de renseignement", se félicitait-il dans Dabiq.

Condamné à 20 ans

En juillet, Abdelhamid Abaaoud a été condamné à Bruxelles, en son absence, à 20 ans de prison dans un procès sur les filières de recrutement de djihadistes belges pour la Syrie.

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