Salah Abdeslam, ex-travailleur du dépôt Stib d'Ixelles: "Cela fait bizarre de voir qu'un ancien collègue a fait ça"

Le dépôt Stib de l'avenue de l'Hippodrome à Ixelles.
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Le dépôt Stib de l'avenue de l'Hippodrome à Ixelles. - © B. M.

Les trams entrent et sortent, les techniciens s'affairent dans les ateliers, sous les hangars éclairés en cette sombre journée de novembre. Dans le dépôt Stib d'Ixelles, avenue de l'Hippodrome, la vie professionnelle suit son cours.

Mais dans toutes les conversations, il est question de Salah Abdeslam. L'homme actuellement recherché par toutes les polices dans le cadre de son implication dans les attentats de Paris a travaillé dans ces installations de septembre 2009 à janvier 2011. Une année et demie au cours de laquelle Abdeslam Salah a laissé des souvenirs plutôt positifs.

"Il était normal, souriant, toujours blagueur", raconte même un collègue qui préfère ne pas donner son nom. Pour ce "Stibien" qui arrive sur son lieu de travail, "quand j'ai vu son visage à la télévision, je me suis dit: je l'ai déjà vue cette personne. Et puis ce lundi matin, on apprend qu'il a travaillé à la Stib. Tous les souvenirs me sont revenus. Cela fait bizarre de voir qu'un ancien collègue ait pu faire cela, à Paris. Au nom de quoi on peut tuer des innocents?"

Dans ce dépôt de trams, environ 300 personnes se côtoient mais tous ne se connaissent pas, évidemment. Salah Abdeslam était chargé du dépannage des trams, de leur réparation et occasionnellement du lavage des véhicules. "Moi, je suis arrivé après 2011, après son départ. Mais quand on apprend cela, on est un peu sous le choc, même si je n'ai jamais eu de contacts avec lui. Les attentats ont lieu à Paris, il y a des liens avec Bruxelles. Après, tout s'enchaîne et on atterrit chez nous, à la Stib", regrette ce membre du personnel.

Aucun comportement suspect

Une constante au sein de cette communauté de Stibiens, la difficulté de parler face caméra, du simple ouvrier aux responsables, en passant par les instances syndicales. La crainte et la peur sont bien présentes. Ou alors, on préfère ne pas rajouter de l'huile sur le feu. "Mais je me dois de dire que toutes les communautés, ici, vivent très bien ensemble. Il n'y a aucune tension."

Si Abdeslam Salah a quitté la Stib, c'est suite à un licenciement. En raison de ses absences répétées, la direction décide d'interrompre son contrat en 2011. "Oui, il était souvent absent. Que faisait-il pendant ses absences? On l'ignore", souffle un collègue qui recadre rapidement: "Il n'avait pas du tout le profil d'un radical."

Quid après son passage à la Stib? C'est le flou également. La direction de la société des transports en commun a perdu sa trace après lui avoir signifié son C4.

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