Charlie: des heures d'angoisse pour les habitants du nord de la France

Le journal Le Monde rapporte un témoignage de la directrice d'un magasin Carrefour situé à deux kilomètres du site où les frères se sont retranchés: "Il y a cinq clients dans le magasin. Des consignes du groupe m'ont été données et j'ai pris des initiatives personnelles : j'ai demandé à ce que personne ne sorte. Quelqu'un est posté devant le parking, un autre devant la porte d'entrée, qui est la seule à être restée ouverte, et un troisième devant la TV. Je fais des annonces micro régulièrement pour rassurer les personnels et clients".

Radio Isa, une radio locale française située à Grenoble, a diffusé le témoignage de Sylvain, un habitant de Dammartin-en-Goel, retranché chez lui. "Je me suis fait réveillé par les bruits des hélicoptères. Je me suis enfermé chez moi mais à l'heure actuelle c'est calme, très très calme."

 

 

L'angoisse pendant la traque

A Corcy, village de 360 âmes niché au milieu de la forêt, où les recherches avaient notamment lieu jeudi, les habitants étaient inquiets. "D'habitude, il n'y a pas plus calme comme village, même pas un lapin" dans les rues bordées de murets en pierre, témoigne Séverine, venue par précaution en voiture attendre sa fille à l'arrivée du car scolaire. "On habite à côté de la forêt", ajoute Roseline, la grand-mère. "J'ai peur, la nuit tombe et ils sont peut-être cachés tout près", ajoute-t-elle. "Face à eux, qu'est-ce qu'on fait? J'ai peur pour moi", renchérit Michel, un conducteur de car de 55 ans.

"J'ai fait le tour de la maison, fermé les volets, mais les environs sont pleins de grottes, de champignonnières", où les frères Kaouchi pourraient se cacher. "C'est carrément flippant !", lance de son côté Carole, une toiletteuse canine qui a sillonné les environs toute la journée, de client en client, observant pantoise les hélicoptères de la police survoler sa région et les convois de gendarmes filer sur la nationale qui la traverse.

Le Courrier Picard rapporte également des témoignages d'habitants. "Je suis bloquée à Soissons. Je n’ai pas pu franchir les barrages pour rentrer chez moi à Corcy. Si la situation se prolonge, je dormirai chez ma maman à Villers-Cotterêts", témoignait Déborah, mère de famille.

Toujours selon le journal local, les habitants ce matin témoignaient de leur angoisses, barricadés chez eux et sans cesse devant leur télévision. 

Dans la ville voisine de Crépy-en-Valois, le ballet incessant des voitures de police et de gendarmerie a alimenté une forme de psychose. Selon plusieurs témoins, de nombreux commerces, comme la supérette du coin, ont ainsi fermé pendant toute la journée ou presque par peur de se retrouver nez à nez avec les personnes recherchées.

"C'est surtout de savoir qu'ils sont dans le coin. Est-ce qu'ils vont se suicider et emmener du monde au passage ?", se demandait Jonathan, 28 ans, employé dans une boutique de téléphonie mobile.

RTBF 

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