Attentats à Charlie Hebdo: début d'une semaine de commémoration, un an après

Attentats à Charlie Hebdo: début d'une semaine de commémoration, un an après
4 images
Attentats à Charlie Hebdo: début d'une semaine de commémoration, un an après - © DOMINIQUE FAGET - AFP

Il y a un an, nous sommes tous restés sans voix, sans voix devant la violence, sans voix devant l’impossible. Au cœur de Paris, le terrorisme du groupe Etat islamique frappait.

Rappelez-vous, c’était le 7 janvier 2015 : "On l’apprend à l’instant : une fusillade a éclaté Boulevard Richard Lenoir, en plein centre de Paris. Onze morts, 10 blessés, c’est le bilan actuel de la fusillade dont a été victime le siège du journal satirique Charlie Hebdo ce matin à Paris. Aujourd’hui, c’est la République toute entière qui a été agressée. La République, c’est la liberté d’expression. Il y avait le conducteur et le gars qui tirait. Masqués, cagoulés, habillés en noir. C’était des hommes et des femmes extraordinaires. Ils ont tiré sur des gens qui tenaient une conférence de Rédaction contre le racisme. Nous sommes Charlie, nous sommes Charlie. Place de la République, avec des milliers et des milliers de personnes qui allument des bougies, qui ont des affiches, qui crient des slogans un peu partout".

C’était cette journée du 7 janvier 2015. Nous sommes le 5 et on s’apprête dès ce mardi à commémorer ces attentats de janvier 2015.

Plusieurs cérémonies au programme de ce mardi 

En région parisienne, aux différents lieux où ont eu lieu les attaques. D’abord la rue Nicolas Appert. C’est là que se trouvaient les anciens locaux de Charlie Hebdo. Egalement, à côté, boulevard Richard Lenoir. C’est là qu' un policier avait été assassiné par les frères Kouachi dans leur fuite, après avoir tué à Charlie Hebdo. Egalement, devant la porte de l’Hyper Cacher à Vincennes. Et puis, enfin, à Montrouge, là où une policière avait été abattue par Amedy Coulibaly.

Ce sont en fait les différents lieux de la tragédie de l’an dernier. Et, à chaque fois, la cérémonie commémorative sera la même : cérémonies sobres en présence des familles et puis également de quelques officiels, du président François Hollande, du Premier ministre Manuel Valls et puis du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Des hommages presque chaque jour de cette semaine

Ces commémorations reprendront jeudi, un an jour pour jour après le début des attaques après celle de Charlie Hebdo. Et là, François Hollande va s’adresser en particulier aux forces de l’ordre qui ont été particulièrement impliquées l’année dernière. D’abord en tant que victimes à Montrouge puisqu'une policière municipale a été abattue par Amedy Coulibaly. Et puis en tant qu’acteurs. C’est eux qui ont participé à de nombreux assauts, deux assauts exactement, à Dammartin-en-Goële d’abord, et puis, pratiquement en même temps, à l’Hyper Cacher.

Des cérémonies sont également prévues samedi. Cette fois, ce sera à Vincennes en particulier, en présence des institutions juives de France où on devrait rendre un hommage aux victimes de l’Hyper Cacher. Et puis, le même jour, une opération "mosquées ouvertes" dans toute la France.Une initiative inédite. Une décision du Conseil français du culte musulman.

Les mosquées vont donc ouvrir leurs portes. On pourra même assister à des prières. L’idée, c’est de célébrer l’esprit du 11 janvier, de montrer de la solidarité de la part des musulmans avec les victimes des attaques d’il y a un an.

Dimanche, un autre hommage, plus populaire, est aussi prévu place de la République avec un concert de Johnny Halliday.

C'est place de la République où l’hommage a lieu tous les jours depuis un an. C’est là où, spontanément, les Parisiens, et pas seulement, sont venus. On y a déposé des bougies, des cartes. Ça s’est renforcé depuis le 13 novembre, et en permanence on voit des personnes qui s’arrêtent, qui viennent lire les cartes ou qui viennent en déposer d’autres, déposer des bougies ou des objets.

Ces commémorations vont avoir lieu dans un contexte particulier. Je rappelle qu’en France c’est l’état d’urgence qui est de vigueur.

Un bilan de Charlie Hebdo, un an après ?

C’est un journal dont le destin a été changé. C’est un journal dont on savait qu’il était en grande difficulté financière, qui peinait à tirer suffisamment d’exemplaires chaque mercredi. Et aujourd’hui, c’est un journal qui tire à plus de 300 000 exemplaires. Alors, c’est à la fois les abonnés qui participent à ce chiffre, mais il y a également les tirages à l’unité. C’est un journal qui, aujourd’hui, a bénéficié de 4,2 millions d’euros de dons. Mais l’argent ne suffit pas.

Il faut dire que Charlie Hebdo a perdu l’essentiel de ceux qui faisaient son identité, sa réputation : Cabu, Wolinski, Tignous. Aujourd’hui, c’est un journal qui peine à se redresser. Ceux qui travaillent encore là-bas doivent vivre sous protection. D’autres membres de la rédaction sont encore en arrêt maladie. Et finalement aujourd’hui, Charlie Hebdo a du mal à recruter de nouveaux dessinateurs. Certains seraient prêts à travailler, demandent de travailler sous pseudonyme. Et ça c’est ce que la direction voudrait éviter pour affirmer qu’elle résiste aux attaques terroristes.

C'est aussi un test pour le journal satirique dont on connaîtra les résultats dans quelques semaines : savoir si les réabonnements auront lieu, puisque les abonnements ont eu lieu par solidarité il y a un an. C‘est ce qui fait la santé économique de Charlie Hebdo. Est-ce que les réabonnements, est-ce que l’élan de solidarité va se poursuivre ? C’est une question qu’il faudra se poser évidemment. Et puis il n’y a pas que Charlie Hebdo, il y a l’Hyper Cacher. Là aussi, les choses ont repris tant bien que mal. Le magasin a rouvert, mais tout n’est pas comme avant. On a une crainte : celle d’une nouvelle attaque. On constate que de plus en plus de Juifs en France ont décidé d’émigrer en Israël craignant de nouvelles attaques.

Pour le bilan, ce sera de savoir si dans les écoles, les écoles du secondaire, les collèges, les lycées, là où on avait senti qu’on n’était pas Charlie, il y a eu quelques problèmes : des minutes de silence interrompues. Savoir si le travail de pédagogie qui a été mené par les enseignants toute l’année dernière a davantage porté ses fruits.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK