La société d'Abrini, recherché par toutes les polices, avait fait faillite en juillet dernier

Mohamed Abrini.
Mohamed Abrini. - © Police Fédérale

Qui est Mohamed Abrini, l'homme qui fait l'objet d'un vaste avis de recherche au même titre que Salah Abdeslam? Mohamed Abrini, 30 ans, a été vu le 11 novembre en compagnie de Salah Abdeslam dans une Renault Clio noire, véhicule qui servira le 13 novembre à la commission des attentats de Paris. Originaire de Molenbeek, comme les frères Salah et Brahim Abdeslam (l'un des kamikazes), il est connu des services de renseignements pour avoir effectué un séjour en Syrie avant de rentrer en Belgique. La commune l'a même radié de ses registres de la Population.

Ce qu'on apprend aussi aujourd'hui, c'est qu'il a été associé dans une société, la SPRL Tamimi, dès septembre 2013. Siège de cette société, la rue Ransfort, là où ont été menées de récentes perquisitions après la découverte des liens entre les attaques terroristes de Paris et Molenbeek. L'objet de la société n'est pas clair mais on évoque un salon de coiffure. Pourtant, à l'adresse mentionnée au Moniteur, se trouve aujourd'hui un snack-restaurant.

Une adresse fictive?

Toujours est-il qu'en décembre 2014, soit il y a moins d'un an, Mohamed Abrini démissionne de son poste d'associé et cède ses 25 parts sociales. "Mais cela ne veut absolument pas dire qu'il n'est plus actif au sein de la société. Comme ailleurs, il peut y avoir des gérants et des associés officiels et, d'autre part, des officieux", souffle une source. Le siège officiel migre à Anderlecht, au 1139 chaussée de Mons. Là, également, n'existe aucun salon de coiffure mais un salon-lavoir. "Cela fait des années que c'est un salon-lavoir", nous indique un voisin. Une fausse adresse choisie au hasard par les anciens associés? Cela ressemble, à peu de choses près, à la technique utilisée par les frères Abdeslam lorsqu'il délocalise quelques semaines avant les attentats le siège de leur société (un café) de la rue des Béguines vers un entrepôt de Quiévrain, à la frontière française. 

Selon d'autres documents, on apprend aussi que la société Tamimi n'était plus réellement active depuis plusieurs mois et que les dettes s'accumulaient avec une ardoise de 10 000 euros à l'impôt des sociétés et 1200 euros d'amende pour publication de comptes en retard (la dernière publication datant de 2011). "La société Tamimi n'était pas gérée de manière optimale, c'est le moins que l'on puisse dire", dit-on. Pas étonnant dès lors que Tamimi soit déclarée en faillite par l'Etat belge le 10 juillet dernier. Peut-être le point de départ de l'engrenage terroriste pour Abrini et les frères Salah dont le café est fermé sur ordre de police peu de temps après? La question est posée.

 

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