Vaccins contre le covid : " Nous ne devrions pas avoir de problème d'approvisionnement ", selon Christie Morreale

Selon Christie Morreale, la Belgique a pris des mesures pour disposer de suffisamment de vaccins.
Selon Christie Morreale, la Belgique a pris des mesures pour disposer de suffisamment de vaccins. - © RTBF

"Le vaccin a deux fonctions", rappelait sur le plateau d’À Votre Avis l’épidémiologiste de l’université libre de Bruxelles, Marius Gilbert. "Protéger la personne vaccinée contre l’infection et empêcher qu’elle puisse le transmettre à d’autres. Les résultats que nous avons pour l’instant montrent que ces vaccins ont une fonction protectrice mais que la fonction d’empêcher la transmission n’est pas encore déterminée. Toutefois, si cette fonction est acquise, il faut qu’une certaine proportion de la population soit vaccinée pour que l’épidémie ne puisse pas se propager (70%, ndlr)." L’épidémiologiste se veut cependant rassurant : "D’autres maladies, comme la rougeole, ont un taux de reproduction beaucoup plus élevé que celui du covid qui tourne autour de 4 (une personne infectée en contamine entre 3 et 4 personnes en moyenne). Il suffit de ne vacciner que 3 de ces 4 personnes pour que la maladie diminue. Le fait qu’une certaine proportion de la population soit réfractaire au vaccin n’est pas dramatique, mais il faudra aller vers une vaccination de 70% de la population pour pouvoir empêcher les transmissions."

Et bien qu’il n’existe actuellement aucune date précise de livraison des premières doses, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale annonce déjà que le pays ne devrait pas rencontrer de problème d’approvisionnement : "La Belgique a mis, avec l’Union européenne, des options sur trois types de vaccins qui seraient disponibles. Nous ne devrions donc n’avoir aucun problème d’approvisionnement, ni de concurrence entre pays au sein de l’Union européenne. Nous allons travailler ensemble pour avoir toute la logistique derrière, pour pouvoir communiquer et permettre aux gens de se faire vacciner de la manière la plus simple possible."

Ces vaccins seront destinés en priorité aux personnes âgées, vivant en collectivité et au personnel médical.

Mais si ces vaccins sont annoncés comme étant gratuits et non-obligatoires, est-il malgré tout à craindre qu’ils ne deviennent à terme un moyen de pression des patrons utilisé à l’encontre des travailleurs ? Pas d’après le président de la FGTB Thierry Bodson, ni d’après le directeur de l’Union wallonne des Entreprises, Olivier De Wasseige pour qui il s’agirait d’une "atteinte à la liberté fondamentale individuelle." "Il est inadmissible que les vaccins soient un moyen de pression à partir du moment où la décision n’a pas été prise par les autorités publiques", renchérit le président de la FGTB. "Si ce genre de pression se met en place, le risque est d’avoir dans ces secteurs une diminution de l’attention pour toutes les mesures préventives (port du masque, au gel, à la distanciation…), ce qui est inadmissible pour les travailleurs et pour l’activité économique, plus globalement. Car lorsqu’un cluster est constaté relativement tard dans une entreprise, il faut prendre des mesures radicales (fermer le service, l’entreprise…) pour l‘assécher. Économiquement, c’est un problème. Chaque fois que les travailleurs sont mis en chômage temporaire, ils perdent 300 à 400 € chaque mois."

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