A Votre Avis: "Oui à la réquisition d'habitations inoccupées"

A la veille de l'ouverture du 60e salon Batibouw, A Votre Avis se penche sur la problématique du logement, chez nous. Le salon de l'habitation ouvre ses portes ce jeudi et vendredi aux professionnels de l’immobilier. Pour le grand public, ce sera samedi à Brussels Expo, sur le plateau du Heysel. Nous décortiquons le vrai du faux, et analysons en profondeur cette thématique fondamentale qui touche tout un chacun. 

Ce n'est pas un secret, l'accès au logement peut être un véritable parcours du combattant, et certains sont encore plus démunis que d'autres devant ce défi. Pire: leur situation ou leur réalité peuvent jouer en leur défaveur. Etre inscrit au CPAS, être étudiant, être d'origine étrangère ou être SDF sont bien trop souvent des facteurs de discriminations au logement. En témoignent ces différents exemples.

Des initiatives existent pour endiguer le phénomène. L'agence immobilière sociale met par exemple en lien des locataires et des propriétaires et garantit aux détenteurs de biens un loyer à la fin de mois, et assure un suivi du locataire ou une remise en état du bien, par exemple. "Tout le monde est gagnant", assure le directeur, Jean-Michel Rausch. Il constate toutefois un fait inquiétant: l'arrivée de personnes en situation de moins en moins précaire au sein des candidats locataires.

Renaud Grégoire est le président de la fédération des notaires de Belgique. Souvent au coeur des critiques lorsqu'il est question des frais liés au logement, ce notaire se défend. Pour lui, les frais de notaires, dont il avoue qu'ils sont importants, portent mal leur nom, "puisqu'une infime partie de ces frais reviennent finalement au notaire".

Grille des loyers

Le monde politique n'est pas en reste, quand il est question de propositions visant à améliorer l'accès au logement, surtout à la veille d'élections majeures dans notre pays (en mai prochain). La première piste avancée est la grille des loyers. Elle permettrait au propriétaire et au locataire d'appréhender la valeur locative d'un bien en fonction du secteur ou de la surface, par exemple. Le débat entre nos invités se fait autour d'une question: cette grille doit-elle être contraignante ou indicative? Entre le MR, le cdH et le PS, c'est ce dernier qui semble être le seul à désirer une grille contraignante. Ils s'expliquent.

De nouvelles mesures fiscales avantageuses

Mais parlons aussi de mesures fiscales. Pourrait-on envisager des changements vis-à-vis de cette fiscalité du logement? Nos invités politiques semblent d'accord là dessus, mais ne prennent pas les mêmes chemins. Pour le MR, il faut revoir les droits d'enregistrement à la baisse. "12,5%, c'est complètement hallucinant. En Flandre, c'est 10%", dit Olivier Maroy, député MR. Il est au moins pour un alignement avec la Flandre. Un autre point soutenu par le MR est la "portabilité des droits d'enregistrement". Idée commune avec le cdH. François Desquesnes (cdH) qui soutient par ailleurs que la baisse de la TVA pour la rénovation ou la modification d'un logement (à 6%) puis intervenir 5 ans après la construction et pas 10 ans, comme c'est le cas aujourd'hui. Le PS soutient ces idées, mais souhaite les mettre en application de manière différente. "Que l'on soit riche ou pauvre, les avantages exposés s'appliquent de la même manière à tout. Les mesures doivent être ciblées sur le public qui en a le plus besoin", dit Pierre-Yves Dermagne.

Réquisition d'habitations inoccupées

Vient enfin la question épineuse de la réquisition de logements inoccupés. Un consensus  semble construit autour de cette idée, mais comme plus haut, les chemins empruntés sont différents.

Nous recevions aussi Lucie Barridez, membre de la Fédération des Etudiant.e.s francophones, Jean Peeters, secrétaire du front commun des SDF, Salim Chamcham, conseiller Economie et Gestion à la confédération construction wallonne et Philippe Noël (Ecolo), président du CPAS de Namur. 

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