"Les maisons de repos, c'est la rentabilité avant tout, le patient est en danger", dénonce cette infirmière

"C’est la rentabilité avant tout, le patient est en danger", dit cette infirmière en maison de repos
"C’est la rentabilité avant tout, le patient est en danger", dit cette infirmière en maison de repos - © Tous droits réservés

Le prix des maisons de retraite a particulièrement augmenté ces cinq dernières années. Un résidant paye 49€ par jour en moyenne en Wallonie auxquels il faut ajouter les suppléments, c’était encore 38€ il y a 5 ans. Le prix des maisons de retraite augmente donc bien plus vite que le coût de la vie. Est-ce encore payable pour les pensionnés ? Vieillir est-il devenu un luxe ? C’est la question que posait ce soir l’émission A Votre Avis.

Rachida Ait-Alouha est infirmière dans une maison de repos privée détenue pas une multinationale. Elle l'a constaté ces dernière années: la qualité des services proposés diminue. "Le patient en pâtit", s'indigne-t-elle. "La rentabilité avant tout. Le personnel fait son maximum, mais ce n'est pas d'assez bonne qualité. Ça nous met mal à l'aise car le service n'est pas optimal. Le patient est en danger. Il y a déjà eu des accidents".

Pascal Tavier est administrateur de l'Association des directeurs de maisons de Repos. Il tient à nuancer: "Les normes ne cessent d'augmenter". Il ne mesure la réalité de l'épuisement des employés, mais souligne la croissance des demandes et besoins des résidents. "Avant nous avions énormément de personnes valides. Aujourd'hui la population a fortement évolué. Dans mon établissement de 100 lits, il pouvait y avoir 2 ou 3 fauteuils roulants il y a 10 ans. Aujourd'hui, 60-70% des patients sont en fauteuil, avec un vieillissement qui augmente. La diversité des demande et le vieillissement explique la fatigue des employés".

Jean-Marc Rombeaux est conseiller expert pour les matières touchant aux aînés à la Fédération des CPAS. Il explique les raisons de cette hausse du coût de la vie pour les aînés. Parmi ces causes : la montée des grands groupes financiers dans les maisons de repos, "là pour faire du business", dénonce-t-il.

Nos invités

Pour en parler, nous recevions Magali Plovie (Ecolo), députée Bruxelloise, Murad Salhi (PS), Benoît Dispa (cdH), Marco Di Paoli, directeur général de la centrale des services à domicile et Vincent Frédéric, secrétaire général de la fédération des maisons de repos privées de Belgique. 

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