Coronavirus en Belgique : "La situation devient gravement problématique dans les maisons de repos"

La propagation du coronavirus s’intensifie toujours plus en Belgique et infectait au mois de septembre déjà une population plus jeuneMais ces derniers temps, les cas positifs se multiplient également dans les maisons de repos : "Nous avons encore eu un exemple aujourd’hui dans une maison de repos où pratiquement 90% des résidents sont touchés par le covid. La situation a terriblement évolué ces dernières semaines et devient gravement problématique", affirme Philippe Noël, vice-président de la Fédération des CPAS de Wallonie.

D’autant plus que la majorité des résidents sont asymptomatiques… et ne devraient donc plus être testés si les CPAS ne développent pas leur propre système de testing : "Sans testing, on considère que 70% des personnes vont louper le coche", estime le vice-président qui ajoute que les dépistages soient, à ce stade, le meilleur moyen de lutter contre la propagation du virus.

Faudrait-il alors penser à un reconfinement total ? Pas selon Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre. Mais à une seule condition : "J’appelle au respect parfait des mesures actuelles. Si ce n’est pas entendu, il y aura un reconfinement total." Une deuxième option malheureuse pour l’épidémiologiste qui ajoute que les contaminations n’ont majoritairement pas lieu dans les magasins ou dans les écoles.

D’après elle, "des mesures de 10 ou 14 jours n’auront pas du tout assez d’effet, on l’a vu avec le confinement du mois de mars. Il faut qu’elles durent plus longtemps pour casser la courbe." Une courbe bien plus importante aujourd’hui puisqu’elle atteint déjà les chiffres de celle de la première vague. "Et elle grimpe encore. Nous espérons un pic dans une dizaine de jours, mais nous ne sommes pas sûrs que ce sera bien le cas. Cela pourrait être dans un mois." Un scénario catastrophique pour les soins de santé et les hôpitaux.

Et l’urgence va justement aux hôpitaux, affirme Philippe Close (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles. "Nous ne laisserons pas mourir les gens", assure-t-il bien que les établissements hospitaliers, tels que l’Institut Jules Bordet (spécialisé en oncologie) par exemple, connaissent une situation préoccupante : "Il y a cinq salles d’opération à Bordet. Mais seules deux continuent de tourner parce que le personnel médical est affecté ailleurs. Ce seront des soins qui ne seront pas prodigués de la même façon."

Les impacts du confinement dans l’enseignement

Michel Dechamps, président du collège des conseillers pédiatres de l’ONE, non plus ne voit pas le confinement d’un très bon œil pour l’enseignement : "L’enseignement à distance est évidemment une belle perspective, mais dans les faits, les enfants des milieux défavorisés ne parviennent pas à y adhérer par manque de matériel, de participation familiale, à cause de problèmes financiers… Un an chez l’enfant, c’est énorme. Il peut y avoir des conséquences très importantes en quelques mois."

Encore 5 à 6 mois de mesures

Philippe Noël appelle à la solidarité et s’attend à devoir encore respecter de fortes mesures durant 5 mois.

David Clarinval, ministre des Indépendants, des Classes moyennes et des PME, parle en revanche d’un semestre complet. Six mois durant lesquels des aides financières seront apportées aux entreprises : "Au niveau fédéral, nous avons la volonté d’aider massivement les entreprises qui doivent fermer ou qui auront des pertes de chiffres d’affaires conséquentes. Il y aura des aides transversales telles que le chômage temporaire, la double passerelle mais aussi des aides plus spécifiques pour certains secteurs. Il faut par exemple aider le secteur culturel et événementiel à passer les six mois qui viennent. Il faut aussi que les Régions, et les Communes dans des cas spécifiques, apportent leur pierre à l’édifice. C’est un travail d’équipe."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK