CETA: le secteur agricole craint une viande canadienne "bradée"

Stéphane Delogne, porte-parole de Fugea
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Stéphane Delogne, porte-parole de Fugea - © RTBF

Alors que le traité commercial CETA vient d'être signé lors du sommet UE-Canada, les avis sont toujours partagés quant aux effet de cet accord.

Le secteur agricole belge craint notamment des répercussions sur le marché de la viande et évoque un risque pour les éleveurs, profession déjà fragilisée.

Le libre-échange, c'est absolument indispensable

Sur le plateau de l'émission "A votre avis," l'administrateur délégué de l'entreprise pharmaceutique Mithra François Fornieri a défendu bec et ongles le CETA face aux inquiétudes de Stéphane Delogne, porte-parole de la fédération d'éleveurs et agriculteurs Fugea.

 

"Le libre-échange, c'est absolument indispensable," a martelé François Fornieri. Selon lui, supprimer les barrières à l'entrée sur les marchés étrangers est nécessairement bénéfique. Il explique : "Récemment, nous avons dû payer 10% de frais d'entrée pour signer un contrat au Japon." Ce pourcentage, affirme-t-il, "représente des millions d'euros. Pour une PME ou n'importe quelle entreprise, ça signifie que cet argent ne pourra pas être réinjecté dans l'entreprise. Il ne pourra pas créer de l'emploi ou être investi dans la recherche."

Par ailleurs, balayant d'un revers de main l'idée d'un traité déséquilibré en faveur du Canada, il déclare : "Le Canada, c'est 35 millions de personnes, à peine trois fois plus qu'ici en Belgique. Moi j'aurais plutôt peur si j'étais canadien."

Les Canadiens vont brader leur viande

De son côté, le représentant des éleveurs Stéphane Delogne s'inquiète des conséquences d'un afflux massif de produits canadiens sur le marché belge de la viande. Il affirme : "Les Canadiens mangent de la viande hachée. Ils ne valorisent pas bien les bons morceaux. Nous, au contraire, on a un marché de bons morceaux. Notamment avec notre race fétiche Blanc Bleu Belge. Les Canadiens vont donc nous envoyer de bons morceaux et les brader. La conséquence directe de cela, c'est que nos éleveurs ne s'y retrouveront pas."

Il s'insurge : "Je trouve que c'est un scandale. Un éleveur, ça gagne 20 000 euros par an. Ils doivent faire vivre une famille avec ça. Et on propose encore de diminuer leur revenu."

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