A Votre Avis, la Belgique fracturée ? "Nous avons le devoir de tirer des leçons de ce qui s'est passé"

A Votre Avis proposait ce mercredi le premier grand débat post-élections et mettait sur la table une série de questions cruciales : le Roi a-t-il bien fait de recevoir le Vlaams Belang, ce mercredi matin ? Notre pays sera-t-il ingouvernable au vu du grand écart des résultats électoraux ? Quels ponts peut-on dresser malgré tout ?

C’était une inconnue dont l’issue tenait en haleine la Belgique : le Roi consentira-t-il à recevoir le Vlaams Belang dans le cadre de ses entrevues avec les différents présidents de partis ? On le sait à présent, c’est chose faite. Nos invités sont globalement tout d’accord sur ce point : le souverain a choisi le moindre mal. C’est également l’avis de Jean-Luc Crucke (MR)

Autre question : notre pays est-il gouvernable ? Au vu des différences de résultats au sud et au nord du pays, cela semble compliqué. Cela pousse même l’avocat constitutionnaliste, Marc Uyttendael, à envisager de nouvelles élections "d’ici six mois à un an". Qu’en penseront nos invités ? Pierre-Yves Dermagne (PS) est convaincu que la bonne volonté de chacun permettra de s’en sortir. "Nous avons le devoir de tirer des leçons de ce qui s’est passé".

Pour Germain Mugemangango, il faut premièrement faire le point sur ce qui s’est passé. Son analyse : "Ceci est la conclusion d’un ras-le-bol des gens sur ce qui s’est passé pendant 30 ans".

Ce qui va bel et bien coincer à présent, ce sont les différentes exclusives émises par les différents partis. Avec quels partis veulent-ils monter en coalition s’ils y sont amenés ? Avec lesquels ne veulent-ils en aucun cas ? Le cdH représenté par Vanessa Matz se montre lucide et admet être au bord du terrain, mais semble conserver une exclusive vis-à-vis du Vlaams Belang et du PTB. S’ils y vont, ce sera sans ces deux partis.

DéFI, représenté par Sophie Rohonyi reste convaincu que les principes défendus durant la compagne doivent être respectés. Ni avec le Vlaams Belang et la N-VA, ni avec le PTB, donc.

Gilles Vanden Burre (Ecolo) maintient l’exclusive contre le Vlaams Belang. "On maintient le cordon sanitaire". Il rappelle les prérogatives de la compagne : "Avec Groen à Bruxelles, et sans la N-VA, pour une question de valeurs et de programme." Son inquiétude vis-à-vis du PTB : "Aux quatre coins de la Wallonie, il n’a été nulle part possible de trouver des accords pour gérer ensemble l’intérêt collectif dans certaines communes, donc je me demande ce qu’il en serait en région ou au fédéral…"

Benjamin Dalle pour le CD & V rappelle pourquoi selon lui le PTB est sur le même plan que le Vlaams Belang. "Ce sont tous les deux des partis populistes. Lorsque je travaillais pour le ministre de la Justice, on a progressé sur le système pro deo et avons fait des réformes importantes avec ce gouvernement et le PTB a toujours dénigré l’accès à la justice". Ce contre quoi Germain Mugemangango s’insurge : "Demandez aux gens ce qu’ils en pensent !". Et Benjamin Dalle de poursuivre : "Ils ont les mêmes pratiques sur les réseaux sociaux, leur programme est irréalisable". Le CD & V refusera-t-il de travailler avec le PTB ? "Nous ne travaillerons ni avec le Vlaams Belang, ni avec le PTB" répond-il.

Peter De Lobel, journaliste au journal flamand De Standaard, analyse la stratégie de Bart De Wever (N-VA). "Il met une pression maximum en ce moment, car il sent qu’il a un momentum pour aborder le confédéralisme". Pense-t-il que le Belgique devra revoter ? "Je ne pense pas que ce soit la meilleure idée, mais si le signal c’est qu’on s’en fout des électeurs alors oui, il faut de nouvelles élections".

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