Rapatrier les Belges de Syrie : "Ma sœur veut rentrer, il y a urgence !"

A Votre Avis: pour ou contre le rapatriement des Belges partis en Syrie ?
A Votre Avis: pour ou contre le rapatriement des Belges partis en Syrie ? - © © DELIL SOULEIMAN - AFP

Cela fait plus de deux semaines que la Turquie mène son offensive en Syrie, dans la région contrôlée jusque-là par les Kurdes. Là-bas se trouvent les prisons des combattants djihadistes et les camps de détention de leurs femmes et leurs enfants. Selon l’OCAM, l’organe belge de l’analyse de la menace, il y a 55 Belges adultes sur place et 69 enfants. Des enfants dont la situation est préoccupante. Faut-il tout mettre en place pour rapatrier ces personnes et, dans certains cas, les juger en Belgique ? C’est la question que posait A Votre Avis.


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La sœur de Sarah Akil, présente sur notre plateau, se trouve en ce moment dans un camp syrien. "La situation est urgente", dit-elle, "Ils sont en train de mourir. Ils ne sont pas tous dans le même sac, que les gens de Daesh".

David Lallemand, délégué général aux droits de l’enfant à la FWB, repose le contexte de ces camps. Il prend l’exemple du camp d’Al-Hol, au nord-est de la Syrie. "Il était prévu pour accueillir 17.000 personnes. Il y a en a 78.000 à l’heure où nous parlons". Le délégué faire part d’une situation sans pareille pour les enfants qui s’y trouvent. "Des feux s’y déclarent toutes les 10 minutes, beaucoup d’enfants ont des brûlures, sont mutilés. Dans certains cas, il leur manque des membres. Ces enfants ont besoin de soins immédiats".

Alors faut-il rapatrier ces Belges coincés en Syrie, parfois après un voyage voulu depuis notre pays ? Les députés Michel De Maegd (MR) et Samuel Cogolati (Ecolo) ne sont pas sur la même longueur d’onde. Le premier évoque la possibilité de créer un sas de reconversion en Syrie avec le retour. Le second évoque les avis contraires d’experts intervenus en commission, pour lesquels les retours contrôlés par la Belgique sont la meilleure solution.

La crainte de la population est réelle face aux retours potentiels de dizaines de Belges partis en Syrie. Pourtant, comme l’explique Olivier Vanderhaeghen, fonctionnaire de prévention, beaucoup de choses sont mises en place à leur retour, et les résultats sont encourageants. "Il y a toujours moyen de faire quelque chose".

C’est vrai pour les acteurs de terrain, c’est aussi vrai pour l’État. Thomas Renard, spécialiste des matières terroristes, le rappelle : de nombreuses choses sont mises en place dans notre pays pour gérer ces situations. "On a passé plus d’une quinzaine de lois pour la lutte contre le terrorisme".

Quoi qu’il en soit, il faudra juger les Belges reconnus coupables de délits et crimes à l’étranger. Cela doit-il se faire en Belgique ou dans les pays concernés, par les pays concernés ? Michel De Maegd évoque la création de tribunaux régionaux.

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