Maggie De Block: la décision sur les quotas de numéros Inami est un compromis politique

L'accord gouvernemental sur les numéros INAMI pour les étudiants en médecine met fin à un des feuilletons de l'été. La ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD) était sur le plateau de "A Votre Avis" ce dimanche midi pour répondre aux inquiétudes des futurs médecins du pays.

Maggie De Block a reconnu que la décision du gouvernement sur les quotas de numéros Inami pour l'année 2022 était le fruit d'un compromis politique. La Commission de planification de l'offre médicale avait pourtant proposé une clé de répartition, fondée sur une évaluation scientifique, qui n'a pas été suivie en tant que telle.

La Commission a recommandé avant les vacances une répartition 56,5/43,5 entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles des numéros Inami des étudiants en médecine qui termineront leur cursus en 2022. La proposition a fait hurler la N-VA et suscité les réticences du CD&V. L'ancienne clé 60/40 a finalement été maintenue.

Les libéraux ont défendu cette nouvelle clé sans manifestement convaincre leurs partenaires de coalition. "C'est un compromis politique. On se trouve avec quatre partis. Il y en avait d'autres contre la répartition proposée par la Commission de planification. Deux des quatre n'étaient pas d'accord", a souligné Maggie De Block sur le plateau d'"A votre avis".

Cet écart a ulcéré certains membres de ladite commission. Interrogé dans "Le Soir", le Dr Cédric Hermans (UCL) juge ainsi que les experts ont été "bafoués" et que leur travail a été déconsidéré.

"Du côté francophone, on n'a pas pris ses responsabilités"

Maggie De Block réagit : "En Flandre, on dit que j'ai trahi les Flamands en faisant cet accord. J'ai trouvé une solution pour tous les étudiants en médecine pour lesquels on n'a plus de numéros INAMI parce que du côté francophone pendant 18 ans, on n'a pas pris ses responsabilités".

Maggie De Block redit aussi qu'il faut instaurer un concours d'entrée du côté francophone comme cela se fait en Flandre : "C'est nécessaire d'avoir le même examen d'entrée. On est condamné à travailler ensemble à un plan pour le futur. Avoir tous les ans la même discussion, c'est fatigant", a-t-elle dit.

La ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), a tendu la main dimanche à son homologue francophone de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). Elle souhaite se concerter avec lui sur la mise au point d'un filtre comparable aux études de médecine et de dentisterie au nord et au sud du pays, et se dit prête à revoir le système flamand. "Mais seulement à la condition que nous continuions à fournir un travail sérieux pour limiter l'afflux, de manière à ce que les jeunes qui commencent aient la certitude de recevoir un numéro Inami lorsqu'ils finissent leurs études".

Vendredi, le MR s'est trouvé bien seul pour défendre la décision du gouvernement face à l'accumulation de réactions négatives venant des rangs francophones. Le cdH a enfoncé le clou dimanche, dénonçant le "scandale" mis au jour par les propos de Maggie De Block.

"Le MR et ses nombreux ministres au sein du gouvernement fédéral organisent sciemment la pénurie de médecins au sud du pays. Cédant face aux diktats communautaires, ils s'accordent pour mettre à mal la santé des francophones!", a-t-il déclaré dans un communiqué.

En invitée, une étudiante de l'UCL, Charlotte Deborsu, nièce du présentateur Christophe Deborsu, a tenté de dérider l'atmosphère sur le plateau en invitant le ministre à venir aux fêtes de Wallonie à Namur ce lundi, en offrant la tournée de péket... Regardez la vidéo.

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