Mandats: Ecolo propose de grands changements pour plus de transparence

Ce dimanche, le débat d'A Votre Avis était dédié à différents thèmes qui occupent des places centrales dans l'actualité: il était question de corruption, de transparence et de cumul des mandats. Georges Louis Bouchez, chef de file MR Mons, était invité sur le plateau de Sacha Daout. Il était accompagné du député wallon Jean-Marc Nollet (Ecolo), du député wallon socialiste Patrick Prévot, ainsi que de Christophe Van Gheluwe, le fondateur de la plateforme Cumuléo qui recense les différents mandats cumulés par les politiciens du pays, et de la journaliste suédoise en poste à Bruxelles Teresa Küchler.

Premier point abordé, la corruption. Interrogée par Sacha Daout, c'est Teresa Küchler qui a entamé la discussion en apportant quelques éléments de comparaison avec son pays d'origine, la Suède, réputé pour la rigueur et la transparence de son système. "Il y a de la corruption aussi en Suède mais c'est différent. Je pense que c'est une question d'opacité", avance-t-elle. 

Ce n'est pas toujours uniquement une question d'argent, il y a également la notion de conflit d'intérêt

Rebondissant sur les propos de la journaliste suédoise, Jean-Marc Nollet soulignait tout en soulevant la problématique du cumul des mandats, qu'il est "possible de faire plus. Ce n'est pas toujours une question d'argent, il y a également la notion de conflit d'intérêt".

De son côté, Georges Louis Bouchez du MR opte plutôt pour le sursaut citoyen. Pour lui le problème est différent: "En Suède, si quelqu’un fait une erreur, c’est au niveau des électeurs que cela va se sentir. Ici ce n’est pas le cas. Changer les choses n'est pas simple, il y a un clientélisme institutionnalisé." Un argument avancé mais rapidement nuancé par Christophe Van Gheluwe, qui n'a pas hésité une seconde à rappeler à l'ordre le chef de file du MR en lui expliquant qu'une "grosse proportion d’élus ne déclarent pas tous leurs mandats. Pas plus tard que ce matin j’ai ajouté sur Cumuléo pas moins de 4 mandats que monsieur Bouchez n'avait pas déclaré". S'ensuivit un court moment de flottement, avant que Georges Louis Bouchez ne tente de se défendre en détaillant que les dits mandats ne sont pas rémunérés. Ce à quoi Christophe Van Gheluwe répondit sans hésiter que "ce n’est pas une question d’argent, mais qu'il s'agit plutôt de lutter contre les conflits d’intérêt".

Ecolo fait des propositions

Jean-Marc Nollet a par ailleurs fait savoir que les écologistes proposeront ce mercredi à la conférence des présidents de la Chambre d'appliquer dès 2018 un décumul entre les fonctions de député et de bourgmestre, se disant également favorable à la suppression des 52 mandats de députés permanents que comptent les provinces.

Ce décumul devrait s'appliquer à "tous les niveaux de pouvoir", fédéral et régional, a-t-il précisé. "Un job, un mandat pour un homme ou pour une femme, point barre", a souligné le député Ecolo, tout en admettant qu'une telle mesure pourrait être difficile à mettre en oeuvre dans les petites communes, dont les responsables ne sont pas des professionnels de la politique et doivent avoir un autre emploi en parallèle de leur fonction publique.

Jean-Marc Nollet a également exprimé, au nom des Verts, sa volonté de voir être supprimées toutes les exceptions qui permettent actuellement de dépasser le plafond de rémunération des élus, de 150% de l'indemnité parlementaire.

Les autres invités ont globalement abondé dans le sens du changement, tout en apportant pour certains quelques précisions, à l'instar de Georges-Louis Bouchez qui imagine "la suppression des provinces. A titre personnel je suis pour la suppression des provinces. On pourrait très bien avoir des conseillers communaux qui siégeraient pour régler les problèmes supra-communalité". 

Patrick Prévot, le député wallon PS semble également être pour le fait de repenser le système des provinces mais prévient: "On ne parle qu'en terme politique et pas en terme de services ou quoi que ce soit, nous sommes d'accord. Mais personnellement, je suis pour".

Un changement vraiment désiré ?

Si la transparence semble donc animer, ou à tout le moins faire partie des questions internes aux différents partis, le regard de Christophe Van Gheluwe est plus mitigé. Le fondateur de Cumuléo estime que "le pouvoir public avait la possibilité de le faire mais ça n’a jamais été fait". Ceci semble être un point révélateur de l'inaction du pouvoir public sur la question. 

Plus légèrement, le mot de la fin est revenu à Teresa Küchler. La journaliste a conclu par un "maintenant que je vois vraiment la complexité du système, je comprends beaucoup mieux pourquoi je paye autant d'impôts ici", sous les rires des autres invités.

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