Couples belgo-italiens de la première heure: au temps des "macaronis"

Jean-Marc, Pascale, Annette et Giuseppe, deux couples belgo-italiens
Jean-Marc, Pascale, Annette et Giuseppe, deux couples belgo-italiens - © Tous droits réservés

Annette et Giuseppe

Annette Boschmans et Giuseppe Zanella sont mariés depuis 54 ans. Elle est née en Flandre en 1942, lui en Italie en 1939. Il est arrivé en Belgique avec sa famille à l’âge de 9 ans. Leur amour a débuté lors d’une fête de village à Lembeek dans les années ’50. Ils étaient encore adolescents. Cette union n’était pas du goût des parents d’Annette.

"Macaroni"

"Quand mon père a su que j’avais un petit fiancé, surtout un Italien, il n’était pas d’accord. Je ne pouvais plus sortir. Je n’avais que 14 ans et les Italiens n’étaient pas très bien considérés à cette époque" confie Annette. Giuseppe a souffert de la situation. "Les Belges craignaient qu’on leur prenne leur travail. Ils nous appelaient sans cesse 'Macaroni'. C’était une véritable insulte dans la cour de récréation" dit-il.

Une belle harmonie

Annette et Giuseppe forment un couple heureux. Ils ne parlent ni la langue maternelle de l’un, ni de l’autre, mais parviennent à vivre en harmonie. Ils ont chacun leur télévision afin que Giuseppe puissent suivre ses programmes favoris en italien, Annette les siens en néerlandais. "Nous avons chacun notre espace" dit Annette, très attachée au pays d’origine de son mari. "Pour moi l’Italie est le plus beau pays du monde " dit-elle chaleureusement.

Pascale et Jean-Marc

Pascale et Jean-Marc Zocastello ont toujours vécu en Belgique. Ils sont mariés depuis 32 ans. Né de parents italiens, Jean-Marc n’a pas souffert de problèmes d’intégration comme la génération de ses parents. "Je n’ai pas vraiment senti cette distance entre les Belges  et les Italiens. Je ne me suis jamais vraiment senti autre que Belge en Belgique ". Avec humour, Pascale et Jean-Marc évoquent leurs différences culturelles.

Distance ou rapprochement

"Ce qui m’a étonné, c’est la distance entre les membres de ta famille. Dans la mienne on a tendance à se rapprocher, se toucher pour communiquer" dit Jean-Marc à son épouse Pascale." Elle lui répond "La première fois que la Zia ma touchée  et pris dans ses bras, j’ai été très surprise. Nous n’avons pas le même mode de fonctionnement. Dans ma famille, c’est moins bruyant".

Mariage belgo-italien

Fort de leur union,  Pascale et Jean-Marc ont quand même dû imposer leur amour. A l’annonce de leur mariage en 1983, les familles se sont montrées réticentes "Ma mère aurait préféré que j’épouse une italienne" explique Jean-Marc. Pascale ajoute: "Il a fallu que j’impose un peu mon mari. Cela n’a pas toujours été facile. Je pense que c’est plus simple pour les couples qui se marient aujourd’hui."

Anna et Grégory

Les choses se sont effectivement passées plus simplement pour Anne Vitale et Gregory Steenhaut, mariés depuis 4 ans et parents de deux petites filles. "Ça s’est fait naturellement. Qu’elle soit italienne ou belge, cela n’avait pas d’importance pour ma famille" dit Gregory. Anne de son côté : "C’est plus simple aujourd’hui. Les mentalités changent, les cultures se mélangent. Être italien en Belgique aujourd’hui n’a plus la même connotation que du temps de mes grands-parents".

Les mentalités évoluent, mais au niveau culinaire, les traditions sont bien ancrées. Dans ces familles belgo-italiennes, les repas ont très souvent un petit goût d’Italie. Annette et Giuseppe, Pascale et Jean-Marc ou encore Anna et Grégory sont 3 couples épanouis. Leurs  différences culturelles sont un véritable atout.  Une belle complémentarité dont aucun d’entre eux ne peut se passer. 

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