Tchernobyl: que sont devenus les enfants accueillis en Belgique ?

Il y a 30 ans, la catastrophe de Tchernobyl causait la mort de plusieurs milliers de personnes. Non pas à cause de l'explosion mais par l'exposition à des matières radioactives. Dans le début des années 90, les médecins recommandent aux enfants de quitter la zone contaminée temporairement. C'est ainsi qu'un programme européen a permis à des millions de Biélorusses de passer un mois à l'étranger. En Belgique, plusieurs milliers d'enfants ont été accueillis. Beaucoup souffraient de la glande thyroïde et les médecins attestaient des bienfaits d'un séjour dans une zone saine.

Plusieurs associations actives dans l'accueil des enfants

Une des plus grosses associations belges se nomme "Les enfants de Tchernobyl". Ella a accueilli près de 3500 enfants. Les premiers sont arrivés dans le courant de l'année 1991. Ils étaient 400, puis 600 en 1996. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 60 à être accueillis chaque année. La tendance est à la baisse dans l'ensemble des associations de Belgique.

25 ans plus tard, nos retrouvailles avec une famille d'accueil

En 1992, les équipes de la RTBF ont rencontré Jean-Marc et Chantal Joly. Ce couple habite à Frameries. A l'époque, ils ont accueilli la petite Tania, huit ans et demi. Pendant une dizaine d'années, la jeune fille est revenue chaque été. Des liens forts se sont noués avec cette jeune fille. Aujourd'hui malheureusement, ils se sont perdus de vue mais l'envie est là pour tenter de reprendre contact.

"Mon premier été en Belgique s'est mal passé"

Marina a neuf ans quand elle arrive pour la première fois dans sa famille d’accueil, à Carnières, en 1995. Elle vient d’un petit village situé à 300 km de la centrale nucléaire. "La première personne que je vois c’est Franca, avec son dictionnaire français-russe. Et mon premier été en Belgique s’est passé vraiment mal", se souvient Marina en riant. Elle a aujourd’hui 30 ans et vit à Minsk, où nous l’avons contactée. "J’avais tout fait pour bien l’accueillir, mais elle pleurait tout le temps, sa maman lui manquait et elle ne comprenait rien de ce qu’on lui disait en français", poursuit Franca Rossi, sa maman d’accueil. Pourtant, Marina reviendra chaque été en Belgique: "Nous allions à la mer, notamment avec d’autres familles de l’association Accueil Tchernobyl, car l’air de la mer faisait beaucoup de bien à ces enfants. Nous essayions aussi d’avoir l’alimentation la plus saine et la plus équilibrée possible : des fruits, des légumes, du poisson, pas de coca, ni d'autres boissons gazeuses".

Des liens toujours très forts

Au fil des années, des liens très forts se sont tissés entre Marina et sa famille d’accueil belge. "C’est presque ma famille", confie-t-elle. A un tel point que, quand elle a eu 18 ans, Franca a continué à l’inviter chaque été chez elle. "Elle a fait des études de droit. C’est ma mère qui l’y a incitée, c’était même à la limite du harcèlement, si on peut dire. Elle lui a dit de faire des études pour sortir de sa condition", explique Franca, qui l’a aidée à financer ses études. Aujourd’hui, la jeune femme est devenue juriste. Les lettres, les mails, les coups de fils sont encore fréquents entre Minsk et Carnières. "C’est toujours un véritable échange de culture, d’affection et d’humanité qui m’apporte beaucoup", témoigne la maman d’accueil. Cet été, elle rendra visite pour la troisième fois à Marina en Biélorussie.

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