L'accord Octopus et la refonte de la police, conséquences de l'affaire Dutroux

Des véhicules de la gendarmerie arrivent à proximité de la forêt de Herbeumont, près de Neufchâteau, le 23 avril 1998
Des véhicules de la gendarmerie arrivent à proximité de la forêt de Herbeumont, près de Neufchâteau, le 23 avril 1998 - © MATTHYS - BELGA

Julie et Melissa disparaissaient il y a vingt ans. Marc Dutroux les enlève sur un pont d'autoroute le 24 juin 1995. Par la suite, cette affaire Dutroux a mis en lumière une police et une justice défaillantes. Les polices de l'époque ont été dans l'incapacité de retrouver les petites filles vivantes.

"C'est un sentiment terrible, un sentiment d'échec quand même, puisqu'on n'a pas pu retrouver les petites filles vivantes, alors qu'on a l'impression qu'on aurait pu", confie Damien Vandermeersch, ancien juge d'instruction et professeur de procédure pénale.

Ce fait divers sordide bouleverse la Belgique. Littéralement, mais aussi dans ses structures. Car c'est de là qu'est née la réforme des polices.

L'accord Octopus

Ratages et dysfonctionnements de la police et de la justice aboutissent au pire... Et, en 1998, l'accord Octopus veut balayer tout cela. Huit partis signent la refonte de la police et de la gendarmerie.

Naît alors une police intégrée à deux niveaux : des polices locales et fédérale qui collaborent. Pour Damien Vandermeersh, l'évolution est bénéfique. Plus de guéguerres, mais une tendance fâcheuse : "Le côté administratif et managérial a pris beaucoup de place et, cela, ça prend beaucoup d'énergie. Notamment avec les policiers de terrains qui doivent remplir des rapports; c'est de l'énergie qu'on ne peut pas consacrer au côté opérationnel, et à l'élucidation des affaires."

Des services spécialisés "redoutables"

Reste que la réforme a accouché de services spécialisés d'enquête aux méthodes rigoureuses. "Je pense notamment aux laboratoires de la police scientifique qui ont actuellement une méthodologie que je trouve assez redoutable et qui a depuis lors permis, rappelons-le, d'élucider de grosses affaires criminelles. Je songe notamment à l'affaire de Stacy et Nathalie à Liège, où la police scientifique a été voir dans le siphon du lavabo dans lequel on a retrouvé des fibres. Cela s'est avéré être un élément tout à fait déterminant."

Mais autre tendance fâcheuse : les restrictions budgétaires... Elles risquent bien de faire vaciller certains de ces services, comme l'office spécialisé dans les enquêtes financières.

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