Le secteur spatial européen craint de perdre plus d’un milliard et demi d’euros de budget

Bruxelles accueille en ce moment tout ce que l’Europe de l’espace compte comme acteurs. Des responsables politiques nationaux et européens, des organisations internationales, des industriels sont réunis dans la capitale de l’Europe dans le cadre de la 12ème conférence sur la politique spatiale européenne. Un événement qui ouvre une nouvelle décennie et qui plante le décor des défis à relever pour le secteur.

Le budget spatial de l’Union européenne diminué de 10% ?

Problème : le futur budget spatial de l’Union européenne pourrait être diminué. C’est en tout cas la crainte de Eurospace, l’association qui regroupe les acteurs industriels européens du secteur. La Finlande, qui a présidé le Conseil de l’Union européenne de juillet à décembre 2019, a exprimé sa volonté que le budget de 16 milliards d’euros qui avait été proposé par l’équipe précédente soit réduit de 10 %. En clair, cela représenterait, si cette coupe se confirme, 1,6 milliard d’euros en moins pour les projets européens dans le secteur spatial. Même si tout cela doit encore être négocié dans le cadre du futur budget pluriannuel 2021-2027 de l’Union européenne, le secteur tire la sonnette d’alarme.

"Des conséquences pour Copernicus et pour Galileo"

Pour la RTBF, Sandro Calderon a rencontré Olivier Lemaitre, secrétaire générale de Eurospace. Il évoque les conséquences de cette éventuelle coupe budgétaire. "Je vais citer deux exemples. Sur le programme Copernicus, une coupe dans le budget, cela provoquera le fait de ne pas disposer d’informations qui seront pertinentes, par exemple, pour comprendre le changement climatique. Puisque dans l’évolution du programme il y a cette volonté d’envoyer un satellite qui permettra de mesurer la production de CO2, une donnée dont nous avons absolument besoin. L’autre exemple, c’est le programme Galileo. Une coupe budgétaire risque de nous retarder très fortement dans l’évolution de notre programme. Or on sait qu’il y a une compétition entre les programmes de navigation et l’objectif de Galileo était l’indépendance de l’Europe en matière de positionnement. On risque donc de reperdre l’avance que nous avons eue tant de mal à gagner parce que notre programme ne pourra plus évoluer aussi vite qu’il le voudrait".

"Nous avons besoin du soutien public"

L’Europe de l’espace est compétitive. Par exemple, dans le domaine des satellites de télécoms géostationnaires grâce à des groupes Thales Alenia Space et Airbus Defense et Space. Mais la concurrence est rude. "Aujourd’hui 100% de l’industrie chinoise ou russe dépend de la commande publique, des investissements gouvernementaux. Aux Etats-Unis, on a plus de 60% du chiffre d’affaires qui dépend de la commande publique, sachant que cette commande publique est au moins 6 fois plus importante qu’en Europe" explique Olivier Lemaitre. Dans ce cadre-là, alors que les autres grandes puissances spatiales accélèrent le mouvement, les industriels européens du secteur craignent d’être distancés. "En Europe, nous avons besoin du soutien public pour rester compétitif" précise Olivier Lemaitre.

L’association Eurospace espère être entendue à l’heure où les Etats membres doivent s’accorder sur le budget global de l’Union pour les sept prochaines années. Un appel lancé avant de nouvelles batailles technologiques qui se joueront prochainement dans l’espace, en lien notamment avec le développement de la 5G.


Suivez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK