"Yves Saint Laurent", éblouissant Pierre Niney

L'affiche d'Yves Saint Laurent
L'affiche d'Yves Saint Laurent - © Tous droits réservés

La mode est décidément aux «biopics». Après les récents «Diana» et «Mandela», c’est au tour du cinéma français de s’attaquer à une figure mythique de la mode : «Yves Saint Laurent». Le film est le troisième long-métrage réalisé par l’acteur Jalil Lespert.

Yves Saint Laurent

Le film dépeint 20 ans de la vie d'Yves Saint Laurent, de 1956 à 1976. En 1956, il a vingt ans à peine, et il est déjà l'assistant du plus grand couturier de l'époque, Christian Dior. A la mort de ce dernier, l'année suivante, il devient le directeur artistique de la Maison Dior. Ce surdoué, surnommé "le petit prince de la mode", va créer très vite sa propre maison avec l'aide de Pierre Bergé, qui va devenir son compagnon indéfectible.

Le film montre la facette publique de Saint-Laurent : ses trouvailles géniales comme quand il crée une collection de robes en s'inspirant des carrés de couleur des toiles de Mondrian, ses smokings pour femmes, etc... Mais il explore aussi sa facette privée : l'homme a été diagnostiqué très jeune maniaco-dépressif ; dans les années 70, il sombre dans la drogue et les conquêtes d'un soir pour oublier son mal de vivre.

Le réalisateur Jalil Lespert a eu l'audace de choisir pour incarner Yves Saint Laurent Pierre Niney, un acteur de 24 ans qui est le plus jeune pensionnaire de la Comédie Française. Niney a travaillé la voix, la démarche, le regard de Saint Laurent... Résultat : il est devenu YSL. Hallucinant ! A ses côtés, un autre acteur du Français, Guillaume Gallienne, incarne Pierre Bergé. Le duo est impeccable.

Et l'intelligence du réalisateur Jalil Lespert est de s'être attaché à dépeindre la complexité de Saint Laurent et la difficulté de son histoire d'amour tout autant que son parcours artistique. Certes, les reconstitutions d'époque sont brillantes : les défilés des années 50 et 60, les excès des années 70, tout cela est très bien rendu (les robes sont authentiques et proviennent de la collection YSL) mais cela n'étouffe jamais la vérité des personnages.

Quand on sait qu'un projet concurrent avec Gaspard Ulliel dans le rôle d'Yves Saint Laurent et Jérémie Rénier dans celui de Pierre Bergé va sortir à l'automne 2014, on se demande comment il va arriver à soutenir deux secondes la comparaison tant ce film-ci de Jalil Lespert est une réussite…

Le géant égoïste

Bradford, grise cité industrielle du nord de l’Angleterre. Arbor et Swifty sont deux gosses en décrochage scolaire. Arbor, hyperkinétique, fait les quatre cents coups et entraîne son copain dans un trafic peu recommandable et dangereux : le vol de métaux et de câbles électriques, qu’ils revendent à un marchand ripou…

La réalisatrice Clio Barnard prétend s’être inspirée du conte d’Oscar Wilde "Le géant égoïste" pour écrire cette chronique contemporaine. On veut bien la croire sur parole, mais on ne trouve guère de parallèle entre le texte charmant du grand Oscar et ce cinéma réaliste âpre et désenchanté. Par contre, on détecte une influence très forte de Ken Loach – le Ken Loach des débuts, quand il signait avec "Kes" dans les années 70 un magnifique portrait de l’enfance marginale.

"The selfish giant" est donc un film plein de qualités, joué par des enfants qui crèvent l’écran, mais avec un petit air de "déjà vu"…

Hugues Dayez

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