L'arrivée de la génération Y bouscule-t-elle les entreprises?

Alain Gerlache
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Alain Gerlache - © RTBF

L’arrivée de la nouvelle génération hyper-connectée bouscule-t-elle les entreprises ? C’est la question à laquelle veut répondre une enquête réalisée auprès de dirigeants de sociétés en France. L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

Comment la génération Y, celle de ceux qui sont tombés dans la marmite numérique étant petits, s’intègre-t-elle dans les entreprises aujourd’hui ? Comment ces jeunes de moins de 30 ans voient-il leurs employeurs et leurs collègues ?

Pour les auteures du livre "Manager la Génération Y " : " On les accuse d'être exigeants, infidèles, peu malléables, et parfois même arrogants. Ce sont des virtuoses des logiciels informatiques, mais pas toujours très disciplinés"

L’enquête menée par Ipsos, Le Figaro et BFM donne des indications qui battent en brèche les idées reçues. Des dirigeants, managers et DRH, des directeurs des ressources humaines ont été interrogés. Conclusion du responsable de l’étude,  " Les chefs d'entreprise n'ont finalement pas de réels problèmes avec cette génération. Ils en ont une image plutôt positive ". Beaucoup les considèrent plus ambitieux, plus enthousiastes, plus motivés et plus polyvalents. Bref leur arrivée dans une entreprise est davantage un atout qu’un risque. En revanche, ils sont moins fidèles à leur employeur qu’auparavant. S’ils trouvent mieux, s’ils ont envie de changer, ils s’en vont plus facilement.

Et comment sont-ils vus par les autres salariés de l’entreprise?

Beaucoup plus négativement que par les cadres. Les plus âgés leur reprochent justement ce manque de fidélité. Autres critiques : ils sont plus individualistes et ils n’adhèrent pas assez aux valeurs de l’entreprise. La génération Y, elle, se considère plus efficace et plus motivée que les collaborateurs plus anciens.

Le réel conflit de génération, on le retrouve donc entre les salariés. Analyse avancée par le responsable de l’enquête : "Ces résultats donnent un coup de projecteur sur l'anxiété des plus âgés qui sont confrontés à un allongement de leur durée d'activité dans le cadre de la réforme des retraites. Alors que, de leur côté, les jeunes de la génération Y se savent plus diplômés que les précédentes, mais ils accèdent plus tardivement et plus difficilement à un emploi stable."

Cela dit, les anciens et les jeunes se rejoignent quand même sur un certain nombre de points. Leurs premières priorités sont les mêmes: la rémunération et l'ambiance de travail. En revanche, les plus de 30 ans privilégient l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. La génération Y favorise la prise en compte de ses compétences. Mais la conclusion est claire, la piste principale pour assurer une cohabitation harmonieuse entre les générations dans l’entreprise passe par davantage de reconnaissance de chacun.

Alain Gerlache

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