"Gravity", une étape inoubliable dans l'Histoire du Cinéma

Gravity
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Epoustouflant. "Gravity" d’Alfonso Cuaron, est sans doute le premier grand film réaliste sur l’espace. Le résultat de quatre ans et demi de travail pour mettre les techniques les plus sophistiquées au service d’une idée forte : décrire le calvaire de deux astronautes qui tentent de revenir sur terre…

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Le point de départ de "Gravity", c'est un plan-séquence d'ores et déjà mémorable où l'on découvre deux astronautes de la Nasa flottant dans l’espace. Ils sont sortis de la navette Explorer pour une opération a priori sans danger. Il y a Matt Kowalski (George Clooney), le commandant de la navette, astronaute chevronné; il est accompagné du Dr Ryan Stone (Sandra Bullock), spécialiste en ingénierie médicale, qui elle, effectue sa première mission importante dans l'espace.

Soudain, ils reçoivent un message d'alerte: ils risquent d'être touchés par des chutes de débris d'un satellite qui a heurté une météorite... Quelques minutes plus tard, une pluie de projectiles s'abat sur la navette: les deux astronautes se retrouvent coupés de toute communication avec la terre, livrés à eux-mêmes dans l'espace...

"Gravity" est signé Alfonso Cuaron, un cinéaste mexicain virtuose qui, après avoir réalisé le 3ème épisode de Harry Potter, avait impressionné Hollywood avec un film d'anticipation intitulé "Children of men". Il a écrit le scénario de "Gravity" avec son fils Jonas, et s’est entouré de spationautes et de physiciens comme conseillers techniques. Dès le début du projet, il a conçu son film pour la 3D, afin que le spectateur soit immergé dans l’espace aux côtés des deux personnages.

A la vision de "Gravity", le spectateur se retrouve comme un enfant éberlué devant un spectacle de magie, hanté par la question: "Mais comment fait-il?" Cuaron repousse sans cesse les limites du cinéma, avec des longs plans qui accompagnent les mouvements incertains de ses astronautes… C’est éblouissant, mais c’est aussi très profond, car le cinéaste met sa virtuosité formelle au service d’un scénario simple, mais qui touche aux questions les plus existentielles: le deuil, l’angoisse, la survie… Dernière belle surprise du film: Sandra Bullock, sortie de ses comédies faiblardes, trouve là le rôle de sa vie.

"Gravity", c’est du cinéma à l’état pur: à voir sur (très) grand écran et en 3D.

Séquence cinéma: Gravity

Ma vie avec Liberace

Liberace était une légende du show-business aux USA: pianiste virtuose à Las Vegas, artiste le mieux payé de son époque, il était célèbre autant pour ses tenues extravagantes sur scène que pour sa dextérité musicale… C’est bien simple: à côté des manteaux d’hermine de Liberace, les tenues olé-olé d’Elton John font pâle figure!

En 1977, l’homme d’âge mur tombe amoureux d’un jeune et bel éphèbe, Scott Thorson. Il en fait sa "chose" - on ne parlait pas encore de "toy boy" à l’époque- Thorson devient son assistant, son amant, son fils spirituel… Jusqu’à se voir imposer une opération de chirurgie esthétique pour ressembler à son mentor!

Le titre original du film est "Behind the candelabra", en référence au candélabre chatoyant que Liberace posait sur son piano… et "Behind", car il est bien question de soulever le rideau, d’aller voir dans les coulisses du show-business, de dresser le portrait de cet homme paradoxal, icône gay qui attaquait la moindre gazette qui faisait des insinuations sur son homosexualité car il ne voulait pas s’aliéner son public favori, des mémères si admiratives de sa gentillesse de garçon bien élevé…

Sous la caméra inspirée de Steven Soderbergh, Michael Douglas et Matt Damon s’en donnent à cœur joie pour recréer cette relation sulfureuse entre le maître et son esclave… Ils auraient largement mérité un prix conjoint d’interpréta tion à Cannes, tant leur couple est mémorable. La force de "Behind the candelabra", c’est que le film dépasse les limites du "biopic" pour restituer le climat d’une époque annonciatrice de beaucoup de choses: les ravages du sida, la culture de la provocation sur scène, le débat sur le mariage gay… C’est clairement un des meilleurs films de Soderbergh.

Blood ties

En 2008, sortait "Les liens du sang", un polar de Jacques Maillot avec Guillaume Canet et François Cluzet. Le film sonnait juste et s’inspirait d’une histoire vraie: les rapports difficiles entre deux frères, l’un flic et l’autre truand. Auréolé du succès commercial de son film "Les petits mouchoirs", Canet s’est mis en tête de s’inspirer de ce film pour tourner son premier long-métrage américain: "Blood ties".

Dans toutes ses interviews, Canet proclame son amour pour le cinéma américain des années 70: "Le parrain" de Coppola, "French Connection" de Friedkin, "Mean Streets" de Scorsese, "Un après-midi de chien" de Lumet… De son propre aveu, il a voulu avec "Blood ties" rendre hommage à cette vague du cinéma. Pauvre Canet! Comme ses intentions, son film est d’une naïveté confondante. C’est comme si un petit garçon avait voulu avec sa boîte de Magicolor recopier une toile de Hopper…

"Blood ties" accumule les clichés dramatiques les plus éculés, et ressemble à un mauvais pastiche de série policière américaine. Clive Owen, acteur british pur jus, n’est pas crédible une seconde en caïd new yorkais, et Marion Cotillard est carrément ridicule en immigrée italienne. Pour couronner le tout, Canet enrobe son machin de vieux tubes anglo-saxons totalement hors de propos… Ouille! Après le smash des "Petits mouchoirs", plus dure sera la chute.

Hugues Dayez

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