GOV, l'appli qui veut réinventer le débat politique.

Alain Gerlache
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Alain Gerlache - © RTBF

Une application mobile qui permet de noter les personnalités et de réagir aux évènements politiques commence à faire pas mal parler d’elle.

Elle s’appelle GOV comme gouvernement. Ce sont deux Français qui l’ont mise au point : un jeune entrepreneur de 25 ans qui a vécu de près la révolution tunisienne et un ancien conseiller de Christine Lagarde lorsqu’elle était ministre de l’Economie et des Finances. L’appli est toute récente, mais vu l’actualité de ces dernières semaines, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle tombe à pic.

GOV permet à ses membres de faire trois choses.

D’abord noter, on dit gover, les personnalités politiques qui font la Une. Un bouton vert avec un +, un bouton rouge avec un -. Envoyé c’est jugé.

Ensuite, ils ont la possibilité de gover l’actu, de donner leur avis sur les évènements et les débats du moment. Exemple parmi d’autres : Fallait-il autant médiatiser l’affaire Hollande-Gayet ou encore Etes-vous favorable à une loi autorisant l’euthanasie comme chez nos voisins ?

Enfin, les membres du site, on les appelle les govers, peuvent eux aussi proposer des sujets de discussions à soumettre à l’ensemble de la communauté.

En quoi est-ce différent de Twitter ou Facebook par exemple ?

C’est vrai qu’il y a beaucoup de discussions politiques sur les réseaux généralistes. Mais ça part un peu dans tous les sens et ce n’est pas toujours simple à suivre. Les créateurs de GOV affirment que la tendance est plutôt aux réseaux sociaux spécialisés. Ils n’ont sans doute pas tort.

C’est une concurrence pour les instituts de sondages ?

Pour l’instant ce n’est pas scientifique : ça s’apparente aux coups de sonde sur les sites d’infos. Les fondateurs de GOV ne le disent pas mais à terme, ça pourrait concurrencer les sondages classiques. Comme on s’inscrit via Facebook, il serait possible de constituer des panels représentatifs à partir des variables habituelles : sexe, âge, profession, études, domicile etc…

Les créateurs de l’appli disent qu’ils veulent "permettre à chacun d’être entendu en lui donnant la possibilité de confronter ses idées avec tous ceux qui croient en la politique et de proposer des solutions. Plus les utilisateurs seront nombreux, plus leur voix sera puissante".

Donc ça va encore ajouter de la pression sur les responsables politiques.

C’est clair. Et certains ne manqueront pas de dénoncer la dictature de l’instantané, de l’émotion, de la réaction à chaud. C’est le paradoxe de toutes les démarches qui visent à associer les citoyens à la décision politique. On jugera sur pièce. Et peut-être même chez nous si une version belge voit le jour. On pourrait l’appeler BEGOV, évidemment !

@AlainGerlache #médiaTIC

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