#Euromaidan, les réseaux sociaux au cœur de la contestation en Ukraine

Alain Gerlache
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Alain Gerlache - © RTBF

Même s’il évoque la Révolution orange de 2004, le mouvement qui secoue actuellement l’Ukraine s’est organisé de manière complètement différente.

A l’époque, la contestation était soutenue et encadrée par l’opposition politique avec à sa tête Viktor Iouchtchenko qui allait ensuite accéder à la présidence de la République. Le mouvement avait aussi pu compter sur l’appui de la télévision grâce à la chaîne d'opposition 5 Kanal qui relayait la contestation.

Rien de tout cela cette fois. Comme l’explique l’Agence France Presse, la mobilisation est apparue de façon beaucoup plus spontanée. Et ce sont les réseaux sociaux qui ont permis aux manifestants de s’organiser.

Ce qui frappe, c’est que la mobilisation a été très rapide. Dès que le pouvoir a annoncé qu’il ne signerait pas l'accord d'association avec l'UE, la nouvelle "s'est répandue comme une traînée de poudre". C’est ce qu’a constaté Maksym Savanevskyi, le directeur exécutif de PlusOne, une société ukrainienne spécialisée dans le marketing numérique. Il affirme qu’"Il n'y avait jamais eu de tels moments dans l'histoire de l'Ukraine."

Ce soir-là, la fréquentation sur Facebook a doublé. Twitter qui était assez marginal jusque-là a littéralement explosé. On a compté jusqu’à 3000 messages par heure avec le mot-clé #euromaidan, du nom de la Place de l’Indépendance à Kiev où se concentrent les manifestants. Cela a permis de rassembler des milliers de manifestants en un temps record.

Et depuis lors, ce sont aussi les réseaux qui permettent aux contestataires de diffuser leurs points de vue. Grâce à Facebook et Twitter, mais aussi grâce à VK, un réseau social russe très populaire en Ukraine. Ils l’utilisent pour toucher la population de l’est du pays qui est plus favorable au Président Ianoukovitch.

Mais les réseaux servent aussi pour la logistique : covoiturage, hébergement, ravitaillement, lieux pour se réchauffer. Particuliers, restaurateurs, associations, tout le monde s’y met.

Le mot-clé #Euromaidan est devenu une sorte de cri de ralliement.

Il a même été peint en grand sur un des murs de la Place. Cela confirme qu’aujourd’hui, notamment lors de mouvements politiques, sociaux, contestataires, les hashtags sont devenus des outils indispensables pour suivre des messages sur internet et s’organiser.

Mais ils deviennent aussi des slogans qui ont un contenu et une force symboliques. Imposer un mot-clé dans un débat sur le Web, c’est déjà gagner une manche dans la bataille de la communication.

@AlainGerlache #médiaTIC

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