Eoliennes: Philippe Henry lâché par le gouvernement wallon

Eoliennes: Philippe Henry lâché par le gouvernement wallon
Eoliennes: Philippe Henry lâché par le gouvernement wallon - © Tous droits réservés

Le ministre Ecolo de l’Aménagement du territoire semble de plus en plus isolé dans le dossier de l’implantation des futures éoliennes en Wallonie. Sans préjuger du résultat final d'une enquête publique qui est toujours en cours, il apparait déjà que Philippe Henry peut faire une grosse croix sur le soutien de ses collègues du gouvernement wallon appelés à se positionner sur le terrain communal.

Elle a déjà fait beaucoup parler d'elle cette fameuse carte des zones d'implantation des futures éoliennes en Wallonie qui montre où il n'y aura jamais d'éoliennes, et surtout là où il y en aura sans doute un jour. Elle a même déjà été modifiée après une première série de consultations menées au début de cette année.

La dernière version fait maintenant l’objet d’une enquête publique. Les citoyens ont pu s’exprimer jusqu’à la fin du mois d’octobre, et en attendant les résultats dépouillés de cette consultation la carte actualisée est à présent soumise aux villes et communes. Certaines se sont déjà prononcées au printemps dernier, mais l'administration et le cabinet du ministre en charge du dossier attendent désormais leur position définitive, sur base de cette copie revue et corrigée.

Et déjà, certains avis démontrent que le ministre de l’Aménagement du territoire Philippe Henry ne sera pas soutenu par la plupart de ses collègues du gouvernement wallon (hormis bien sûr par l’autre Ecolo, Jean-Marc Nollet, en charge de l’Energie et à ce titre également à la manoeuvre). Car il ne faut pas l'oublier: la moitié de cette équipe gouvernementale est composée de bourgmestres en titre. Et c'est là que ça devient drôle...

Double langage

Ainsi, Perwez (la commune d'André Antoine), Thuin (chez Paul Furlan) et Dour (fief de Carlo Di Antonio) ont remis un avis négatif. C'est argumenté, à charge et à décharge, mais à l'arrivée clairement défavorable à la cartographie de l'éolien telle qu’elle est proposée. A Tournai (la ville de Rudy Demotte), c’est nuancé aussi, mais le projet est en tout cas critiqué dans cette version. Et puis à Namur, Eliane Tillieux est dans l'opposition. Mais dans la capitale wallonne, l'ensemble du conseil communal a rejeté le plan du ministre Henry dans une belle unanimité.

Voilà donc 5 ministres wallons qui plombent en partie un projet qu'ils ont pourtant eux-mêmes avalisé au sein de leur gouvernement. Il y a les enjeux régionaux, et il y a les intérêts locaux...

Ajoutez à cela les critiques déjà formulées par d’éminents professeurs d’universités (qui portaient essentiellement sur des questions de méthodologie), ou le positionnement également défavorable d’organes tels que Natagora (association de défense de la nature) et le CWEDD (le Conseil wallon de l’environnement pour le développement durable), et on peut dire sans trop de risques de se tromper que la cartographie défendue par Philippe Henry a sérieusement du plomb dans l’aile, et que chaque jour qui passe rend plus improbable son adoption avant les prochaines élections.

Philippe Henry contesté jusque "chez lui". Le ministre Ecolo réside désormais à Aywaille, où le MR détient la majorité absolue. Et là aussi, les autorités communales ont tranché après avoir étudié la proposition de zones d’implantation des éoliennes en Wallonie. Verdict: c’est non.

Rudy Hermans

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