Commission européenne: des femmes parce qu'il le faut bien.

Oui car, pour certains, nommer une femme ça demande visiblement un sérieux effort. Les députés européens ont pourtant prévenu Jean-Claude Juncker: si la nouvelle Commission européenne ne compte pas au moins 9 femmes, le Parlement européen refusera de lui donner son aval. 

Peut faire mieux

D'après les décomptes actuels, la future Commission compterait tout pile 9 femmes. Mais les Etats membres ont traîné des pieds pour satisfaire le Parlement. 
Peut-être à cause du nouveau contexte au sein de l’Union européenne. Jusqu’à présent, même s’ils ne le faisaient pas tous, loin de là, certains Etats membres appliquaient des critères peu glorieux pour choisir leur commissaire : une belle fin de carrière pour un ami politique qui ne savait plus que faire de lui-même, ou l’éloignement d’un rival politique dangereux. Et tant pis si ce commissaire ne faisait pas grand’chose au Berlaymont. Pour certains gouvernements, la Commission restait un brol bruxellois, bureaucratique, pas politique pour un sou qui ne méritait pas que l’on s’y intéresse vraiment.
Aujourd’hui, c’est très différent, la Commission européenne a obtenu des pouvoirs budgétaires gigantesques, elle n'hésite pas à mettre son nez dans les budgets des 28, à les engueuler publiquement. Et précisément, parce que cette Commission a des pouvoirs décuplés, parce qu’elle devient plus politique, les Etats devraient mieux choisir leur représentant.
J’entends déjà les spécialistes recracher leur café en entendant cela.
Officiellement, les 28 commissaires ne représentent pas leur pays, ils deviennent en arrivant à la Commission des asexués politiques et géographiques mais dans les faits, chaque commissaire fait remonter à son gouvernement ce qui se prépare à la Commission et qui concerne son Etat. Chaque commissaire se mêle d’expliquer à la Commission comment fonctionne son pays, pourquoi tel sujet est super sensible dans son pays d’origine.

Une vieille habitude pour certains Etats

C'est vrai que certains Etats ont toujours considéré leur commissaire comme leur ambassadeur au sein de la Commission mais vu le nouveau contexte, la tentation sera encore plus grande de le faire.
Tout cela pour dire que les Etats les plus malins ont choisi d'envoyer à Bruxelles quelqu'un en qui ils avaient totale confiance, qui pourrait être leurs yeux et leurs oreilles au Berlaymont, dans toutes les politiques que traite la commission. Et tout cela a pesé davantage sans doute aux yeux des gouvernements que de savoir si leur commissaire portait une jupe ou un pantalon, pesé plus aussi que ses compétences réelles ou supposées pour des portefeuilles qui ne sont d'ailleurs pas encore distribués.

Anne Blanpain

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